À la Une : manifestations meurtrières au Pérou

Des ouvriers agricoles manifestent pour réclamer des revenus plus élevés à Viru, à 510 km au nord de Lima, le 30 décembre 2020.
Des ouvriers agricoles manifestent pour réclamer des revenus plus élevés à Viru, à 510 km au nord de Lima, le 30 décembre 2020. © AFP / Gian Mazco
5 mn

Publicité

Pour le deuxième jour consécutif, des manifestations de travailleurs agricoles dans le nord du Pérou tournent à l'affrontement avec la police. Deux personnes sont mortes mercredi, parmi lesquelles un adolescent de 16 ans, raconte Correo, qui publie la photo de l'hélicoptère qui a transporté deux policiers et un civil à l'hôpital. La route panaméricaine est en effet totalement paralysée par les manifestants au niveau de la ville de Viru, à 500 kilomètres au nord-ouest de la capitale Lima. Le mouvement a commencé dans la nuit de mardi à mercredi, rappelle El Comercio, depuis l'approbation de la nouvelle loi agraire par le Congrès, après 25 jours de débat. 

Pas de changement sur le fond dans la nouvelle loi agraire ?

Cette loi fixe notamment un nouveau salaire minimum. Il passe de 11 à 13 dollars par jour environ. Toujours trop bas selon ces manifestants, qui exigeaient un salaire journalier de 18 dollars. Cela fait déjà plusieurs semaines que ces travailleurs ruraux manifestent. Ils avaient obtenu début décembre « l'abrogation d'une loi agricole qui datait de 2000 »rappelle La Republica, et fondaient beaucoup d'espoir sur le texte qui allait la remplacer. Mais pour un analyste interrogé par ce journal péruvien, ce texte « apporte certaines améliorations » sans rien changer sur le fond. Toujours pas assez de protection pour les travailleurs agricoles, notamment en cas de licenciement. 

À écouter aussi : Pérou: une manifestation vire au drame

Andres Chavez, le maire de la ville de Viru où se situe l’épicentre du mouvement, demande désormais aux autorités de dialoguer de toute urgence avec les manifestants pour éviter d'autres affrontements. Il exige du nouveau président de la République péruvienne qu'il se rende sur place pour écouter les revendications de ces travailleurs agricoles, détaille El Comercio. L’élu demande aussi qu'une table ronde soit mise en place dès ce jeudi entre les ministères concernés et les syndicats. Ces derniers ont prévu de poursuivre leur mouvement lundi. 

Minute de silence au Paraguay

Toute la journée de mercredi, les réactions se sont multipliées à travers le monde après l’annonce de la légalisation de l'avortement en Argentine. En Amérique latine, l’IVG n'est légale qu'à Cuba, en Uruguay, au Guyana et à Porto Rico, ainsi que dans deux États du Mexique (Mexico et Oaxaca). Alors si cette loi argentine a été saluée dans certains pays, elle a aussi été accueillie par une minute de silence à la Chambre des députés du Paraguay, s'étonne Clarin. Le journal argentin note aussi la réaction, au Brésil, du président Jair Bolsonaro. Il a lancé sur Twitter que désormais « les vies des enfants argentins » pouvaient être « fauchées dans le ventre de leur mère » avec « le consentement de l'État ». « Tant que cela dépendra de moi et de mon gouvernement, prévient-il, l'avortement ne sera jamais approuvé sur notre sol ». Le Brésil, un pays, qui « contrairement à l'Argentine, écrit Folha de Sao Paulocontinue d'ignorer les dommages causés par les avortements clandestins ».

La Bolivie choisit le vaccin russe Spoutnik V

C'est à la Une de l'ensemble de la presse bolivienne. Le gouvernement a acheté 5,2 millions de doses du vaccin russe élaboré pour lutter contre le Covid-19. 6 000 doses de Spoutnik V seront disponibles dès le mois janvier, puis 1,7 million de doses arriveront chaque mois entre mars et mai. Mais le journal La Razon explique que des « négociations sont toujours en cours avec des entreprises pharmaceutiques en Inde, en Chine ou encore aux États-Unis,  pour obtenir plus de doses cette année et les prochaines années si nécessaires ». Pourquoi le vaccin russe et pas un autre ? Le président Luis Arce explique qu'il a été choisi en raison « de sa disponibilité et de son efficacité à 91% ». La Bolivie a encore enregistré 1 485 nouvelles infections mercredi, écrit La Razon. Le média cubain Cubadebate note que ce pays est le troisième pays d'Amérique latine à faire le choix du vaccin russe.

À lire aussi : Covid-19 : la Bolivie achète des millions de doses du vaccin russe Spoutnik-V

États-Unis : les jeunes vont-ils provoquer un miracle en Géorgie ?

J-5 avant deux élections sénatoriales en Géorgie. Le scrutin est décisif car s'ils remportaient les deux postes de sénateur, les démocrates retrouveraient l'équilibre au Sénat où pour l'instant les républicains sont majoritaires. En théorie, le parti de Donald Trump part vainqueur dans cet État conservateur. Mais les démocrates veulent croire au miracle et comptent notamment sur la mobilisation des jeunes, explique le Washington Post ce jeudi. Plus de 281 000 électeurs de moins de 30 ans ont déjà voté de manière anticipée, un taux de participation historique. « Un enthousiasme inhabituel », note le journal, « en particulier pour un second tour de scrutin, qui historiquement attire beaucoup moins l'attention que les courses présidentielles ». 

Le Washington Post note aussi que le candidat démocrate Jon Ossoff, qui tente de ravir son siège au républicain David Perdue, « a été particulièrement habile à générer des vidéos virales sur le réseau social TikTok », « en mettant l'accent sur des questions qui trouvent un écho auprès des jeunes électeurs, telles que l'allègement de la dette des prêts étudiants, la légalisation de la marijuana et l'augmentation du salaire minimum ».

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail