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Justice: une femme exécutée aux États-Unis où les peines capitales s'enchaînent

Dans l'Indiana, dans la nuit du mardi au mercredi 13 janvier, des opposants à la peine capitale ont bravé le froid pour protester contre l'exécution de Lisa Montgomery, programmée dans la nuit après l'échec de tous les recours tentés par ses avocats.
Dans l'Indiana, dans la nuit du mardi au mercredi 13 janvier, des opposants à la peine capitale ont bravé le froid pour protester contre l'exécution de Lisa Montgomery, programmée dans la nuit après l'échec de tous les recours tentés par ses avocats. REUTERS - BRYAN WOOLSTON
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les États-Unis ont procédé, mercredi 13 janvier, dans l'État d'Indiana, à la première exécution fédérale d'une femme depuis près de soixante-dix ans, a annoncé le département de la Justice américain. « Lisa Montgomery, 52 ans, a été exécutée au pénitencier fédéral de Terre-Haute », a-t-il indiqué dans un communiqué. Les exécutions capitales s'enchaînent depuis six mois.

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Lisa Montgomery, 52 ans, a reçu dans la nuit une injection létale après que la Cour suprême des États-Unis a donné son feu vert à la première exécution fédérale d'une femme en près de soixante-dix ans. La Haute Cour a refusé, à minuit, les ultimes recours déposés par les avocats de la condamnée. Celle-ci avait tué en 2004 une femme enceinte de huit mois afin de lui voler son fœtus qui a, lui, survécu. Selon ses défenseurs, Lisa Montgomery  souffrait de troubles mentaux sévères, conséquences de violences et viols en réunion subis dans son enfance. Selon eux, elle ne comprenait pas le sens de sa peine, une condition indispensable pour procéder à une exécution.

Deux exécutions capitales suspendues pour cause de Covid-19

Malgré le recul de la peine capitale aux États-Unis et dans le monde, l'administration Trump a renoué en juillet, après dix-sept ans de pause, avec les exécutions fédérales et les enchaîne, depuis, à un rythme jamais vu, souligne l'Agence France-Presse.

Dix Américains ont reçu, depuis l'été, des injections létales à Terre-Haute et l'administration Trump prévoyait, outre Mme Montgomery, d'exécuter deux hommes noirs cette semaine : Corey Johnson jeudi et Dustin Higgs vendredi. Mais tous deux ayant été infectés par le Covid-19, un tribunal fédéral a bloqué ces exécutions au motif que l'injection létale risque de leur causer des souffrances illégales, ont estimé les juges.

 D'anciens gardiens de prison ont, de leur côté, demandé au ministère de la Justice de reporter ces exécutions « jusqu'à ce que le personnel pénitencier soit vacciné contre le Covid-19 ». Car une exécution mobilise des dizaines de personnes dans un environnement clos, propice à la propagation du virus... Pour cette raison, les États américains, y compris le très répressif Texas, ont suspendu les exécutions depuis des mois.

Une « course folle » aux exécutions

À contre-courant, l'administration de Donald Trump a, au contraire, affiché sa détermination à procéder au maximum d'exécutions, avant de quitter le pouvoir.

« Dans les dernières heures de la présidence Trump, il y a une course folle pour exécuter des gens qui sont dans les couloirs de la mort depuis des années, voire des décennies. C'est insensé », a dénoncé sur NPR le sénateur démocrate Dick Durbin, en annonçant l'introduction d'une loi visant à mettre un terme aux exécutions fédérales.

Les démocrates ayant repris le contrôle du Sénat, il est possible qu'elle soit adoptée une fois que Joe Biden aura pris ses fonctions, d'autant que le futur président des États-Unis s'est déclaré opposé à la peine capitale. Joe Biden, qui sera investi le 20 janvier prochain, a promis de travailler avec le Congrès pour l'interdire au niveau fédéral.

(Avec agences)

 

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