Honduras: la caravane de migrants, en route vers les États-Unis, entre au Guatemala

Les migrants, qui se dirigent vers les États-Unis, traversent le poste-frontière d'El Florido pour se rendre au Guatemala, le 15 janvier 2021.
Les migrants, qui se dirigent vers les États-Unis, traversent le poste-frontière d'El Florido pour se rendre au Guatemala, le 15 janvier 2021. REUTERS - STRINGER
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Une nouvelle marche de migrants est partie du Honduras. Les quelque 4 500 migrants clandestins devront franchir pas moins de trois frontières – d’abord celle qui les sépare du Guatemala, puis ils doivent passer au Mexique pour atteindre leur destination finale, les États-Unis. 

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Leurs bébés dans les bras et souvent avec un simple sac en plastique pour tout bagage, les migrants ont franchi leur premier obstacle : le poste-frontière d’El Florido, à 220 kilomètres de la capitale Guatemala.

Des centaines de policiers en tenue anti-émeute avaient pris position, mais ils ont finalement laissé faire pour ne pas mettre en danger les nombreux mineurs présents dans cette caravane humaine. 

Pour traverser la frontière guatémaltèque, il faut en principe présenter des documents d’identité et un test Covid négatif, mais même si beaucoup ne remplissaient pas cette condition, les migrants ont pu continuer leur chemin, déterminés à traverser le Guatemala et le Mexique à pied pour trouver une vie meilleure aux États-Unis.

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Tous veulent croire que le successeur de Donald Trump assouplira la politique migratoire. Mais le Service américain des douanes et de la protection des frontières a déjà douché cet espoir en déclarant : « Ne perdez pas votre temps et votre argent et ne risquez ni votre sécurité ni votre santé. » 

Pandémie et ouragans poussent à l'exil

Plus d'une douzaine de telles caravanes de migrants sont déjà parties du Honduras sans jamais arriver sur le sol américain. Cet exode massif est encouragé par plusieurs facteurs selon Alejandra Macías, directrice d’Asylum Access au Mexique, une organisation qui défend l’accès au droit d’asile des Centraméricains.

« Le gouvernement du Honduras a reconnu qu’il y avait des déplacements de personnes à cause de la violence généralisée. Et il y a une recrudescence de ces déplacements l’an dernier du fait de la pandémie de Covid et des ouragans Eta et Iota qui ont affectés les habitants. »

Le premier mur qui s’élève sur la route des migrants est un cordon de la Garde nationale et des agents migratoires sur la frontière mexicaine, rappelle notre correspondante à Mexico, Emmanuelle Steels. Alejandra Macías pointe les contradictions entre ce barrage et la volonté manifestée par le Mexique d’accueillir les réfugiés d’Amérique centrale.

« Officiellement, le gouvernement mexicain n’a pas suspendu le système d’asile, y compris pendant la pandémie. Donc il doit créer les conditions pour que les personnes puissent accéder à ces procédures. »

Ces dernières années, le Mexique a aligné ses politiques migratoires sur les exigences de Washington et a fait barrage aux caravanes. Mais le départ de Donald Trump pourrait changer la donne.

 

 

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