États-Unis: Joe Biden veut agir vite après sa prise de fonction

Le président élu Joe Biden lors d'un événement au Queen Theatre, le samedi 16 janvier 2021, à Wilmington.
Le président élu Joe Biden lors d'un événement au Queen Theatre, le samedi 16 janvier 2021, à Wilmington. AP - Matt Slocum
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Un dimanche sous tension aux États-Unis. Des dizaines de milliers de policiers et militaires sont mobilisés dans le pays alors que les partisans de Donald Trump pourraient manifester dans les capitales des 50 États, quatre jours avant l'investiture de Joe Biden. Le président élu doit prendre ses fonctions mercredi prochain dans un pays divisé, frappé de plein fouet par le coronavirus et en pleine crise économique. Les défis qui attendent le futur chef de l'État sont nombreux. Et Joe Biden entend agir vite.

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Qu'un président signe un premier décret présidentiel immédiatement après son entrée dans le Bureau ovale n'est pas chose rare. Mais ce n'est pas un seul texte qui devrait attendre le nouveau président sur son bureau à l'issue de la cérémonie d'investiture. Joe Biden devrait signer une douzaine de décrets dans la seule journée de mercredi. Et une série d'autres encore dans les jours suivants.

Pour Joe Biden l'objectif est double. En agissant vite, il veut montrer qu'il a conscience de l'ampleur de la crise sanitaire et économique qui frappe les États-Unis et se montrer comme un dirigeant à la hauteur de la tâche.

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Mais il veut aussi souligner qu'une nouvelle ère s'ouvre en revenant immédiatement sur certaines mesures controversées de son prédécesseur, comme l'interdiction d'entrée sur le territoire américain pour les ressortissants de certains pays musulmans ou la sortie des accords de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique.

La stratégie l'expose toutefois au risque de voir se retourner contre lui les critiques faites par les démocrates à son prédécesseur : celles d'abuser de ses prérogatives présidentielles.

Mener des réformes en profondeur passera par la voie législative. Et si les démocrates disposent de la majorité dans les deux chambres, celle-ci reste fine. Il faudra donc au futur président dialoguer avec les républicains.


Panorama du futur exécutif américain

Les contours de l'administration Biden se dessinent. Le nouveau président américain a puisé dans la galaxie démocrate modérée pour gouverner les États-Unis.

Joe Biden navigue en politique depuis les années 1970. Après 30 ans passés sur les bancs du Sénat, il y a forgé de profondes amitiés. Et ce sont d'abord ses fidèles qui vont l'entourer à la Maison Blanche. Son chef de cabinet, Ron Klain, très expérimenté, n'a pas été choisi par hasard. À l'époque de Barack Obama, c'est lui qui a supervisé la lutte contre l'épidémie de fièvre Ebola. Son savoir-faire sera très utile alors que les États-Unis sont toujours débordés par le Covid-19.

Antony Blinken aux Affaires étrangères, Lloyd Austin au Pentagone, Jack Sullivan à la Sécurité nationale, Avril Haines à la direction du renseignement ou John Kerry sur le climat, tous sont des experts reconnus dans leur domaine.

45% des postes de la nouvelle administration seront occupés par des femmes, comme l'Afro-Américaine Linda Thomas-Greenfield, future ambassadrice des États-Unis à l'ONU. Joe Biden a tenu à ce que les minorités ethniques soient représentées au plus niveau. Plusieurs figures de la communauté hispanophone entrent au gouvernement, à la Santé ou à la Sécurité intérieure. Et plusieurs enfants d'émigrés indiens feront aussi partie de l'aventure.

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