Colombie: 2e congrès du parti FARC sous le signe de la division

Le 1er novembre 2020, les anciens combattants colombiens des FARC marchaient à Bogota pour défendre leurs droits dans le cadre de l'accord de paix de 2016.
Le 1er novembre 2020, les anciens combattants colombiens des FARC marchaient à Bogota pour défendre leurs droits dans le cadre de l'accord de paix de 2016. AP - Fernando Vergara
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le parti Farc, issu de l’ex-guérilla marxiste, tient ce week-end son deuxième Congrès. Un congrès virtuel, pandémie oblige, et un congrès difficile. Quatre ans après avoir signé la paix et rendu les armes, les 13 000 démobilisés des anciennes Forces Armées Révolutionnaires de Colombie affichent leurs divisions. 

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La paix a divisé le mouvement issu de l'ancienne guérilla des Farc, devenu le parti Force alternative révolutionnaire de la commune lors d'un premier congrès en septembre 2017, rapporte notre correspondante à Bogota, Marie-Ève Detœuf.

Première fracture : celle des dissidents. Ce sont les guérilleros qui ont repris le maquis. Ils sont une minorité, elle-même divisée en plusieurs factions qui se détestent, mais ils recrutent.

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En août 2019, d'anciens chefs rebelles des FARC ont annoncé reprendre les armes. Dans une vidéo publiée jeudi 29 août, l'ancien numéro 2 de la guérilla, Ivan Marquez, annonçait une deuxième naissance des FARC, avec comme objectif de combattre l'oligarchie et la corruption.

L’autre fracture, celle qui inquiète aujourd’hui, est celle qui oppose au sein même du parti la direction et la base. La direction est tenue par les anciens commandants de la guérilla qui occupent aujourd’hui un siège au Congrès, en application de l'accord de paix.

Base incomprise par la direction

La base, ce sont ces milliers de combattants démobilisés qui vivent pour la plupart en zones rurales, dans des conditions encore très précaires. Les violences se multiplient. Plus de 250 démobilisés ont été assassinés en quatre ans et en juillet dernier l'envoyé spécial des Nations unies pour la Colombie alertait le Conseil de sécurité sur ces meurtres. La base se sent abandonnée, incomprise par la direction qui se divise à son tour.

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Les chefs ne sont pas d’accord sur la stratégie à mettre en œuvre pour faire face à la situation et pour proposer un projet politique au reste du pays. Les Farc, qui ont été une grande guérilla unie et disciplinée, sont devenus un petit parti très divisé.

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