États-Unis: Donald Trump toujours au centre du jeu politique chez les républicains

L'ex-président Donald Trump garde une influence considérable chez les républicains.
L'ex-président Donald Trump garde une influence considérable chez les républicains. ANDREW CABALLERO-REYNOLDS AFP/File
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Les sénateurs ont prêté serment, mardi 27 janvier, en tant que jurés du procès de Donald Trump qui ouvrira dans deux semaines. Pour que Donald Trump soit condamné, il faudrait que dix-sept sénateurs républicains votent en faveur de sa culpabilité. C’est loin d’être gagné vu l’emprise que l’ex-président conserve sur le parti.

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De notre correspondante à Washington,

Les élus républicains sont divisés sur l’attitude de Donald Trump, mais ils resserrent les rangs à l’approche de son procès. Même si l’attitude de Donald Trump a clairement mis mal à l’aise les élites du parti, on a assisté ce mardi à un vote en bloc des sénateurs républicains pour tenter d’annuler son procès : 45 d’entre eux ont en tout cas soutenu l’objection soulevée par le libertarien Rand Paul. Il estime que la procédure n’est pas conforme à la Constitution.

Seuls cinq sénateurs républicains ont donc osé défier l’ancien locataire de la Maison Blanche. Même Mitch McConnell, qui a pourtant directement attribué la responsabilité des émeutes du capitole à Donald Trump, a voté pour tenter de lui épargner l’humiliation d’un second procès.

Les démocrates ont maintenant la majorité au Sénat, ce procès aura donc bien lieu, mais le résultat de ce vote de procédure rend très improbable la condamnation de l’ex-président. Il faudrait pour cela les voix de 17 sénateurs républicains.

Des élus républicains lâchés au niveau local

Il faut dire que les dix représentants républicains qui ont voté pour la mise en accusation de Donald Trump en ont subi les conséquences. Les attaques contre eux sont très virulentes, surtout au niveau local.

Le Parti républicain de l’Oregon, dans le nord-ouest, évoque une trahison, celui du Texas parle d’un vote frivole et cruel, et celui de l’Arizona a voté une motion de censure contre trois élus qui ont publiquement pris position contre Donald Trump.

Liz Cheney, la numéro trois du Parti républicain au Congrès, a été particulièrement ciblée après son vote en faveur de la mise en accusation de l’ex-président. Le représentant de Floride, Matt Gaetz, se rendra cette semaine dans le Wyoming, l'État de Liz Cheney, pour dénoncer l'action. Il compte organiser une manifestation contre elle devant le Capitole.

Guerre froide chez les républicains

On peut même commencer à évoquer une forme de guerre froide au sein du Parti républicain. Et elle semble être remportée par les partisans de Donald Trump. Mitch McConnell, qui a dirigé la majorité républicaine d’une main de fer pendant six ans au Sénat, est devenu la cible des médias conservateurs après avoir ouvertement critiqué l’attitude de l’ex-président. On l’a vu, il s’est rangé ce mardi du côté de l’ex-locataire de la Maison Blanche.

►À lire aussi : États-Unis: en Arizona, le camp républicain divisé sur la loyauté à Trump, Cindy McCain écartée

Certains élus préfèrent jeter l’éponge. Le sénateur modéré de l’Ohio a ainsi annoncé qu’il ne se représenterait pas en 2022. Les partisans de Donald Trump entendent prospérer sur son électorat. Sarah Sanders, son ancienne porte-parole, s’est lancée lundi dans la course au poste de gouverneur de l’Arkansas, avec le soutien de Donald Trump. Reclus en Floride, muselé sur Twitter, celui-ci demeure bien au centre du jeu républicain. Il assure d’ailleurs qu’il restera le « champion des Américains ».

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