Reportage

Covid-19: pas de couvre-feu pour les sans-abri au Québec

Un camp de sans-abri à l'extérieur d'un grand magasin à Montréal, le 23 janvier 2021.
Un camp de sans-abri à l'extérieur d'un grand magasin à Montréal, le 23 janvier 2021. AP - Graham Hughes
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La décision prise par une juge plus tôt cette semaine a convaincu le gouvernement du Québec de changer le règlement sur le couvre-feu. Désormais, les personnes sans-abri pourront être dans la rue après 20h alors que les autres citoyens doivent rester chez eux. Les organismes qui viennent en aide aux SDF s’indignaient de cette mesure qui précarisait une population déjà vulnérable. La pandémie actuelle complique davantage leurs vies.

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Avec notre correspondante à Montréal,  Pascale Guéricolas

Depuis une vingtaine d’années, Martin arpente les rues de la ville de Québec. Il se réjouit de la décision du gouvernement de permettre aux sans-abri de pouvoir rester dehors durant le couvre-feu, même si lui-même dort la plupart du temps en refuge.

« Il y a des gens qui préfèrent se cacher parce qu’ils n’ont plus le droit de rester dehors. Ils peuvent se cacher n’importe où, dans un appartement vide où il n’y a personne. Les gens essayent de rentrer là par exemple et se cachent là en attendant. Ils ont peur de se faire prendre et d’avoir une amende. On a vraiment hâte que cela redevienne comme avant, ça c’est sûr. »

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Comme Martin, les travailleurs de rue constatent que les SDF disparaissent à la tombée de la nuit. Ils ont de plus en plus de mal à prendre soin de cette clientèle fragile qui se méfie de la police qui patrouille. Le directeur de l’Auberivière, un refuge de Québec, constate même une baisse de clientèle depuis le début du couvre-feu, même si la police fait preuve de compréhension. « Les gens qui étaient déjà craintifs à venir, on les perd certainement, explique Éric Boulay. Si on les perd, il n’y a aucune chance de créer un lien et de les sortir de la rue. Jamais, jamais. »

Les organismes d’aide craignent que le climat de méfiance actuel ne provoque davantage de surdoses ou de crises de psychoses car les SDF s’isolent plus depuis quelques mois. 

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