Haïti: la société civile dénonce le soutien appuyé de l'ONU à Jovenel Moïse

La police tire des gaz lacrymogènes lors d'une grève nationale exigeant la démission du président haïtien Jovenel Moise à Port-au-Prince, le 2 février 2021.
La police tire des gaz lacrymogènes lors d'une grève nationale exigeant la démission du président haïtien Jovenel Moise à Port-au-Prince, le 2 février 2021. AP - Dieu Nalio Chery

L’ONU est accusée d’appuyer le président contesté. Le doute plane en Haïti quant à savoir ce qui va se passer dimanche. Selon l’opposition politique et un nombre grandissant d’organisations de la société civile c’est ce dimanche que s’achève le mandat du président. Le camp de Jovenel Moïse, lui, assure qu’il ne doit rendre le pouvoir que le 7 février 2022. Dans ce contexte tendu, l’ONU est soupçonnée de largement sortir de ses objectifs de mission en apportant un soutien au chef de l’État.

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Avec notre correspondante à Port-au-Prince,  Amélie Baron

Comment l’ONU peut-elle vouloir offrir un soutien logistique et technique à des élections qui seraient organisées hors de tout cadre légal ? C’est la question que pose la dizaine d’organisations féministes et de défense des droits humains. Leur lettre ouverte à la représentante en Haïti du secrétaire général rappelle que les membres du Conseil électoral n’ont pas été nommés selon les principes constitutionnels et qu’ils n’ont pas prêtés serment devant la Cour de cassation comme le veut la loi.

Par ailleurs, les organisations de la société civile considèrent que le bureau de l’ONU en Haïti « s’est montré très complaisant avec le pouvoir » suite aux différents massacres qui ont eu lieu dans les quartiers populaires de la capitale.

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Aussi, le Binuh n’a rien dit face à la quarantaine de décrets et la centaine d’arrêtés que Jovenel Moïse a pris depuis que le Parlement est dysfonctionnel. Un dysfonctionnement causé par la non-organisation des élections par le pouvoir. Et finalement la prolifération des gangs en Haïti sous le regard des Nations unies pousse la société civile à rappeler à l’ONU que sa mission était de promouvoir les droits humains, l’État de droit et de consolider les institutions. 

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