Covid-19: l'initiative Covax pour vacciner les pays pauvres marche au ralenti

Un membre du personnel soignant mexicain reçoit un vaccin contre le Covid-19 à l'hôpital général de Mexico, le 24 décembre 2021.
Un membre du personnel soignant mexicain reçoit un vaccin contre le Covid-19 à l'hôpital général de Mexico, le 24 décembre 2021. AP - Eduardo Verdugo

Alors que le Conseil de sécurité des Nations Unies va débattre de la distribution des vaccins dans les pays à son agenda la semaine prochaine, c’est de Genève que s’organise la plateforme Covax et son fonds ACT. Des initiatives créées au sein de l’ONU, mais qui peinent à atteindre leurs objectifs.

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De notre correspondante à New York,

Le Covax est une initiative lancée par l’OMS en avril 2020. Elle achète et livre des vaccins, entre autres, dans 180 pays dans le monde. Mais voilà, certains trouvent que le Covax est lent à obtenir des contrats et à livrer. Pour l’instant, seulement 39 millions de doses ont été administrées, même s’il vise d'ici la fin de l’année plus de deux milliards de doses distribuées. Cela couvrirait 20 % de la population, mais on est vraiment loin des 70 % nécessaires selon l’OMS pour se débarrasser de la pandémie. 

Pourtant, cela partait d’une bonne idée. D'un côté, certains pays ont joué la solidarité internationale dès le début, comme la France, la Norvège, le Royaume-Uni, l’Allemagne, et ont versé des millions d’euros. Mais très vite, les pays aisés, comme le Canada, ont rappelé qu’ils pouvaient recevoir des doses puisqu’ils ont abondé au fonds.

De l'autre côté, la Russie et les États-Unis n’ont pas participé. Les deux pays partageront des doses uniquement après que leur population entière aura été protégée. 

Pourtant, la seule solution, c’est de vacciner tout le monde, et au plus vite, même si à première vue, l’urgence n’est pas la même. Une bonne partie des pays développés a semblé être plus durement touchée par la pandémie que certains pays du Sud, en Afrique notamment. Mais il faut absolument vacciner partout pour ne pas permettre justement de créations de nouveaux variants sur ces terres non vaccinées. Sans oublier qu'une reprise d’épidémie n'est jamais exclue, comme ce fut le cas au Mozambique et au Malawi après l’émergence du virus en Afrique du Sud. 

La vogue des vaccins russe et chinois

Comment s’organisent donc les pays plus modestes ? Ils cherchent des doses par leurs propres moyens. Résultat, Ils se tournent vers les vaccins chinois et le vaccin russe. Exemple avec l'autorité palestinienne en Cisjordanie qui utilise Spoutnik V en ce moment. À tel point que le vaccin russe est plus populaire auprès des étrangers qu’en Russie même ! Le Mexique, durement touché par la pandémie, achète, lui, des millions de doses chinoises.

Cela ne signifie pas que ces pays sont moins bien organisés, au contraire même parfois. Le Chili a vacciné 500 000 personnes en 3 jours et il semble bien parti pour atteindre son objectif de 5 millions de Chiliens protégés cet été.

À lire aussile vaccin russe Spoutnik V va-t-il faire face à la demande? 

Conseil de facilitation

Devant ce manque de réponse ces derniers mois et face à tant d'égocentrisme, une grande frustration s'est faite sentir à l’ONU. Un petit groupe s’est créé : le Conseil de facilitation, pour permettre une meilleure mobilisation politique autour du Covax. Il est présidé par l’Afrique du Sud et la Norvège, qui n’ont aucun intérêt national dans les vaccins.

Pour ce Conseil, le souci prioritaire, c’est la production. Alors il pousse à multiplier les transferts de technologie pour que les laboratoires pharmaceutiques partagent leurs formules, et qu’elles soient répliquées dans d’autres usines que les leurs. 

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