Procès en destitution: les avocats de Trump dénoncent une procédure «guidée par la haine»

Les avocats de l'ex-président américain Donald Trump, Bruce Castor et Michael van der Veen, le 12 février 2021, lors du procès en destitution au Sénat.
Les avocats de l'ex-président américain Donald Trump, Bruce Castor et Michael van der Veen, le 12 février 2021, lors du procès en destitution au Sénat. AFP - POOL

Les sénateurs doivent se retrouver ce samedi matin pour la suite du procès Trump. Un vote sur la culpabilité de l’ancien président pourrait avoir lieu dans la journée. Il est accusé d’incitation à l’insurrection Ses avocats ont plaidé ce vendredi. Ils ont dénoncé une procédure anti-constitutionnelle et réfuté toute implication de Donald Trump dans les émeutes qui ont eu lieu au Congrès le 6 janvier.

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Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

« Cette mise en accusation qui est devant le Sénat est de manière flagrante un acte de vengeance politique anti-constitutionnel » tonne Michael Van der Veen. Et l’avocat de Donald Trump de dénoncer un procès guidé par la haine de son client.

« Ce procès malheureusement porte sur la haine politique. Il est devenu très clair que les représentants démocrates haïssent Donald Trump. Ce genre de haine politique n’a aucune place dans nos institutions politiques et certainement aucune place dans la loi. La haine est au cœur de la tentative futile des procureurs démocrates pour rendre Donald Trump responsable des actes criminels des émeutiers, sur la base de ouï-dires venus de groupes d’extrême droite, sur la base d’aucune preuve réelle autres que de pures spéculations. La haine est une chose dangereuse. La haine ne devrait avoir aucune place dans cet hémicycle, dans cette procédure. »

L’avocat accuse les démocrates d’avoir manipulé les vidéos et tronqué les discours de Donald Trump. « Cette haine a conduit les procureurs de la chambre à manipuler et à monter les discours de monsieur Trump de manière à faire faussement apparaitre qu’il a cherché à inciter la foule à attaquer violemment le capitole. » Mais il ne se prive pas d’employer la même méthode. Et diffuse notamment un montage où l’on voit des élus démocrates répéter le mot « fight » combat, ce mot reproché à Donald Trump dans son discours du 6 janvier.

Un autre avocat conclut la plaidoirie. « Ce procès va bien au-delà de Donald Trump, il vise à criminaliser les points de vue politiques », assène Bruce Castor et d’ajouter : « Soyons clairs : ce procès va bien au-delà du président Trump. Ce procès vise à faire taire et à interdire le discours avec lequel la majorité n’est pas d’accord. Il s’agit d’annuler les 75 millions d’électeurs de Donald Trump, et de criminaliser les points de vue politiques. C’est là-dessus que porte vraiment ce procès. C’est le seul problème existentiel qui est devant nous. Il s’agit de la prise de pouvoir de la cancel culture constitutionnelle au Sénat des Etats-Unis. »

Mais la défense de Donald Trump n’a pas su répondre à cette question pourtant essentielle : à quelle heure l’ancien président américain a-t-il été informé de l’intrusion des émeutiers dans le Congrès ? Et qu’a-t-il fait pour les en empêcher ?

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