Vaccination anti-Covid au Pérou: un scandale entraîne la démission de plusieurs ministres

Au moins deux ministres péruviennes et l'ancien président Vizcarra ont reconnu s'être fait vacciner avant les populations prioritaires.
Au moins deux ministres péruviennes et l'ancien président Vizcarra ont reconnu s'être fait vacciner avant les populations prioritaires. REUTERS - SEBASTIAN CASTANEDA

Le « Vacuna Gate », le nom donné au scandale lié aux vaccins, suscite une vague d'indignation au Pérou. Alors que la situation sanitaire est catastrophique, les Péruviens ont appris, dimanche 14 février, que plusieurs hauts fonctionnaires ont reçu le vaccin en toute discrétion et alors qu'il n'était pas encore disponible pour le public.

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Avec notre correspondante à Lima, Wyloën Munhoz-Boillot

La ministre des Affaires étrangères péruvienne, Elizabeth Astete, a annoncé sa démission dimanche 14 février dans la soirée après avoir reconnu la « grave erreur » de s’être fait vacciner contre le Covid-19 en janvier 2021, alors que la campagne de vaccination n’avait pas commencé.

Démission immédiatement acceptée par le président par intérim Francisco Sagasti qui s’est dit « indigné et furieux ».

La cheffe de la diplomatie est la deuxième ministre à démissionner dans le cadre de ce scandale, après la ministre de la Santé, vendredi 12 février. Ce jour-là, l’ancien président Martin Vizcarra avait révélé s'être fait vacciner au mois d'octobre alors qu’il était encore en poste, mais s’était défendu en arguant avoir participé aux essais cliniques. Des propos démentis depuis par l’université en charge de ces essais.

Enquête ouverte

Selon les médias péruviens, l’ancien chef de l’État, comme d’autres hauts fonctionnaires et leurs proches, auraient - en fait - été vaccinés de manière anticipée avec 2 000 doses fournies par le laboratoire chinois Sinopharm et initialement destinées à vacciner le personnel en charge des essais cliniques. Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur cette affaire. Le président péruvien a d’ores et déjà assuré que tous les fonctionnaires concernés seront démis de leurs fonctions.

Ces révélations ont suscité l’indignation des Péruviens alors que le pays traverse une grave crise sanitaire avec des hôpitaux saturés et une pénurie d’oxygène. Le Pérou, qui pour l’instant n’a reçu qu’un million de doses du vaccin chinois Sinopharm, a lancé sa campagne de vaccination mardi dernier, en commençant par le personnel de santé.

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