«Vacuna Gate» au Pérou: l'attitude du laboratoire Sinopharm sème le trouble

Un membre du personnel médical reçoit une dose du vaccin contre le Covid-19 de Sinopharm, le 19 février 2021 à Lima.
Un membre du personnel médical reçoit une dose du vaccin contre le Covid-19 de Sinopharm, le 19 février 2021 à Lima. REUTERS - SEBASTIAN CASTANEDA

Une enquête doit encore faire la lumière sur tous les dessous de ce scandale qui a permis à des centaines de fonctionnaires et autres privilégiés de se faire vacciner en secret et bien avant les populations vulnérables, mais il est désormais que le laboratoire chinois Sinopharm a joué un rôle dans cette affaire.

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Avec notre correspondante à Lima, Wyloën Munhoz-Boillot

Le chef de la diplomatie péruvien, Allan Wagner a révélé lundi devant la commission parlementaire en charge de l'enquête sur le « Vacuna Gate » que c’était bien le laboratoire chinois Sinopharm qui avait proposé au Pérou des doses supplémentaires et gratuites. En atteste, selon le ministre des Affaires étrangères, un courrier que le directeur de la coopération internationale de Sinopharm a envoyé à l’ambassadeur péruvien à Pékin, le 7 août dernier.

Trois semaines plus tard, le Pérou a répondu à cette proposition par l’affirmative et demandé à Sinopharm l’envoi de 2 000 doses de son vaccin, initialement destinées au personnel en charge des essais cliniques réalisés au Pérou dès le mois de septembre. On sait désormais que ces doses offertes par Sinopharm ont en fait été inoculées secrètement à plusieurs personnalités et leurs proches. Autrement dit, elles auraient été détournées. Mais par qui ? C’est ce que doit déterminer l’enquête du procureur de la République dont les conclusions sont attendues d’ici trois mois.

Une curieuse pratique 

Ces révélations ont toutefois semé le trouble sur le rôle de Sinopharm dans cette affaire. En effet, comme l’ont rappelé plusieurs experts interrogés par les médias péruviens cette semaine, offrir des doses d’un vaccin dans le cadre d’essais cliniques, n’est non seulement pas une pratique courante, mais va à l’encontre des normes internationales.

Mais face aux voix qui s’élèvent pour dénoncer l’implication du laboratoire chinois dans ce scandale, le gouvernement péruvien appelle à la prudence, car il veut préserver ses relations diplomatiques avec la Chine, principal partenaire commercial du Pérou.

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