Covid-19: à la Nouvelle-Orléans en Louisiane, les touristes ont disparu

Bourbon street, la nuit. Nouvelle Orléans.(photo d'illustration)
Bourbon street, la nuit. Nouvelle Orléans.(photo d'illustration) Universal Images Group via Getty - Joe Sohm/Visions of America

La Nouvelle-Orléans a accueilli 19 millions de visiteurs en 2019. Ce chiffre a chuté de 70% en 2020 et 2021 a également commencé dans le rouge avec l’annulation des traditionnelles parades de Mardi gras.

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À cette période de l’année, la ville regorge habituellement de touristes. C’est le pic de la saison grâce au carnaval qui a lieu à la mi-février. Il y a des sens de circulation pour les piétons inscrits au sol dans les rues du vieux quartier français afin d’éviter les bouchons. Mais ces jours-ci, ils sont bien inutiles. Les touristes sont rares, quelques musiciens isolés jouent de la trompette ou du saxophone ici ou là pour tenter de les divertir, mais on est loin, bien loin de l’ambiance festive habituelle..

De nombreux hôtels et restaurants sont fermés et les établissements qui ont gardé leurs portes ouvertes fonctionnent souvent à perte car les loyers sont très chers dans le centre-ville touristique. Des tarifs normalement compensés par une industrie florissante : selon une étude de l’université de Tulane, l’impact économique du carnaval se chiffre habituellement à plus de 160 millions de dollars sur douze jours.

L'ouragan «Covid-19»

L'année dernière le carnaval avait donné lieu à d’immenses rassemblements et avait été à l’origine de la contamination de milliers de personnes à la Nouvelle-Orléans. La pandémie a déjà fait plus de 800 morts dans la ville. « Nous ne pouvions pas prendre le risque de réitérer cette expérience », a expliqué cet élu du Conseil municipal avant d’ajouter « c’est dur, mais il s’agit de sauver des vies ».

Les hôtels, les bars, les restaurants qui survivent le doivent notamment aux subsides du gouvernement fédéral. Beaucoup ont reçu une aide dans le cadre des deux premiers plans votés au Congrès et ils espèrent qu’une troisième enveloppe sera bientôt débloquée. Mais il y a eu de nombreux licenciements. Les musiciens qui travaillent en indépendants sont particulièrement vulnérables. Ils ne peuvent plus donner de concerts dans les bars, et tout attroupement à l’extérieur est interdit. Certains ont du quitter la ville, d’autres subsistent grâce aux actions d’organisation  : une association les embauche par exemple pour livrer des repas aux personnes âgées cantonnées chez elles à cause de la pandémie.

Leçons de résilience

La crise affecte aussi d’autres professions libérales : les guides touristiques qui sont à leur compte, les capitaines de bateaux qui font visiter les marais, ou encore les propriétaires de ces belles résidences d’anciennes plantations de canne à sucre dont l’entretien onéreux est normalement financé par les visites.

Tous affrontent de grandes difficultés. Mais tous évoquent aussi la capacité de résilience de la Nouvelle-Orléans. Et rappellent que la ville s’est déjà relevée d’un terrible drame : le passage de l’ouragan Katrina en 2005 qui avait tout dévasté.

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