Affaire Khashoggi: Joe Biden essuie les critiques de son propre camp

Joe Biden à la Maison Blanche, le 27 février 2021.
Joe Biden à la Maison Blanche, le 27 février 2021. AP - Pablo Martinez Monsivais

Au lendemain de la publication du rapport de la CIA sur l’assassinat de Jamal Khashoggi, le président américain Joe Biden fait face à de vives critiques dans la presse et de la part d'élus démocrates.

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Avec notre correspondante à New York, Loubna Anaki

Pour Adam Schiff, il faut faire plus. Au lendemain de la publication du rapport de la CIA sur l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le chef de la commission du renseignement à la Chambre des représentants a estimé ce samedi sur CNN que les sanctions prises par Washington n'étaient pas suffisantes.

« On ne peut pas imposer des sanctions contre ceux qui ont participé à l’assassinat de Jamal Khashoggi et ne rien faire contre la personne qui a donné les ordres », a déclaré Adam Schiff. Car si des sanctions ont bien été prises contre des personnalités saoudiennes ayant participé à cet assassinat, l’administration Biden n’a pris aucune mesure contre le prince Mohammed ben Salman, pourtant directement mis en cause dans ce rapport. 

L’élu démocrate estime que le prince héritier devrait être interdit d'entrée sur le territoire américain. Joe Biden ne devrait ni l’inviter, ni le rencontrer, ni même lui parler, affirme Adam Schiff. 

La sénatrice Elizabeth Warren considère quant à elle que toutes les ventes d’armes à l’Arabie saoudite devraient être suspendues, le temps de redéfinir les relations avec Riyad. 

Les éditorialistes du New York Times et du Washington Post formulent des critiques similaires. Ils jugent que si Joe Biden a changé de ton par rapport à Donald Trump en ordonnant la publication du rapport de la CIA, rien ne change vraiment si aucune sanction ne vise le prince héritier. 

Tous reconnaissent cependant que la situation est délicate et comprennent que Joe Biden ne veut pas rompre les relations avec l’Arabie saoudite. Mais, pour le Washington Post, où écrivait Jamal Khashoggi, c’était l’occasion pour le locataire de la Maison Blanche d’envoyer « un message fort à Mohammed ben Salman, mais aussi à tous les dictateurs qui n’hésitent pas à tuer des journalistes pour les faire taire ».

 

 

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