Défense des animaux à Cuba: quand une mobilisation citoyenne devient loi

La Havane (Cuba), février 2021: Gilda Arencibia, militante de la protection des animaux, dans sa maison où elle a recueilli plusieurs chiens des rues.
La Havane (Cuba), février 2021: Gilda Arencibia, militante de la protection des animaux, dans sa maison où elle a recueilli plusieurs chiens des rues. REUTERS - ALEXANDRE MENEGHINI

Cuba vient d’adopter un décret-loi pour la protection des animaux grâce à la pression citoyenne. Dans ce pays gouverné par le seul parti communiste et où le droit de manifester est rarement autorisé, c’est une petite victoire pour la société civile, après des années de bataille.

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Des chiens et des chats abandonnés dans la Havane,

Des coqs qui se battent au sang pour des parieurs peu scrupuleux,

Et des chevaux utilisés pour le transport en calèche jusqu’à leur dernier souffle…

Une loi pour la protection des bêtes cubaines devenait plus que nécessaire selon les défenseurs des animaux. Avec trois mois de retard, une manifestation devant le ministère de l’agriculture et des années de pression citoyenne, le décret-loi sur le bien-être animal vient finalement d’être approuvé, rapporte notre correspondante à La Havane, Domitille Piron.

Une petite victoire pour la société civile, selon Beatriz Batista, qui se dit militante des droits des animaux. « Oui, on a réussi mais on a dû faire pression, il a fallu faire beaucoup de pression pour faire en sorte qu’ils nous écoutent et nous prennent en considération ! »

La défense des animaux, une bataille soutenue par le musicien Silvio Rodriguez qui a publié dans son blog Segunda Cita, plusieurs posts en faveur de cette cause et avait participé à la marche de 2019 : chaque 7 avril, jour du chien à Cuba, des animations sont organisées mais en 2019, la journée avait pris une orientation plus militante avec une marche (autorisée par les autorités) en faveur de la cause animale. 

Sous la pression citoyenne, le ministère de l’Agriculture émet donc ce décret. Mais Yobani Gutiérrez Ravelo directeur du Centre de santé animale au ministère, nous assure que l’initiative n’est pas nouvelle et il insiste sur le caractère démocratique du processus. « Ce décret ne sort pas de nulle part, il n’est pas non plus apparu maintenant, cela fait 20 ans que nous observons les recommandations internationales et que nous écoutons les vétérinaires et les défenseurs de l'environnement. »

Les sacrifices religieux seront désormais encadrés, tout comme les combats de coqs qui sont une tradition cubaine. Pour les défenseurs des animaux c’est une petite victoire mais « mieux vaut un minimum de cadre légal pour la protection des animaux que rien du tout » estime certains.

 

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