Brésil: Jair Bolsonaro libéralise toujours plus l’accès aux armes

Des législateurs miment un pistolet tandis que Jair Bolsonaro signe un décret facilitant l'accès aux armes, le 7 mai 2019.
Des législateurs miment un pistolet tandis que Jair Bolsonaro signe un décret facilitant l'accès aux armes, le 7 mai 2019. AP - Eraldo Peres

Si Jair Bolsonaro continue de faire le « service minimum » pour enrayer la propagation de l'épidémie de Covid-19 au Brésil, le président d'extrême droite est très actif sur d’autres fronts. Il y a 10 jours, par décret, il a ainsi rendu encore plus facile l’achat d’une arme à feu.

Publicité

Faciliter l’acquisition des armes était l'une des principales promesses électorales du candidat Jair Bolsonaro. Il n’a pas ménagé ses efforts pour la réaliser. En deux ans de présidence, le chef de l'État a déjà pris 31 décisions – dont la moitié par décrets – qui ont facilité l’accès aux armes.

Chaque citoyen brésilien peut ainsi désormais acheter jusqu’à six armes. Et il a le droit d’en porter deux. Le président a également élargi la gamme des calibres disponibles pour les particuliers. Ils peuvent dorénavant se procurer plus de 600 munitions en une seule fois.

Celui qui aime se présenter en mimant un tir de pistolet avec les doigts veut « armer la population brésilienne afin qu’elle puisse se défendre ». Contre qui ? La dictature. Armer la population serait selon lui le meilleur remède contre le retour d’une dictature militaire, a-t-il déclaré il y a quelques mois.

Les ventes d'armes en forte hausse

Résultat, les ventes d'armes ont presque doublé. En 2020, 180 000 nouvelles armes ont été enregistrées au Brésil, un record. Les sondages indiquent cependant qu'une majorité de Brésiliens est opposée à cette politique pro-armes. Raison pour laquelle les décisions de Jair Bolsonaro ne font l'objet d'aucun débat au Parlement et sont prises par décrets. 

En facilitant l'accès aux armes, Jair Bolsonaro avait aussi promis de rendre le pays plus sûr. Mais après une légère baisse des violences ces dernières années, les homicides ont augmenté de 5% en 2020. Et cela malgré la pandémie et les restrictions de circulation.

Mais les sympathisants du président, et le chef de l'État lui-même se gardent bien de mentionner ce chiffre. Ou alors afin de le contester. Selon eux, l’accès plus facile aux armes depuis deux ans a permis de faire baisser le nombre de morts au Brésil, même si les statistiques disent le contraire.

La politique des armes ressemble en cela très fortement à celle de la lutte contre la pandémie du Covid-19, remarquent les observateurs : le gouvernement Bolsonaro fait fi des données scientifiques, prend des décisions « en dépit du bon sens » et reste imperméable aux critiques.  

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail