Cuba: pour la première fois, un jeune accusé d'outrage a été innocenté

Une rue de Santiago de Cuba en mars 2012 (image d'illustration).
Une rue de Santiago de Cuba en mars 2012 (image d'illustration). Reuters

Un petit pas vers la liberté d’expression à Cuba. Crier « À bas Fidel ! » ne serait plus considéré comme un outrage mais comme « l’expression de conviction politique ». C’est un tout cas le verdict d’un tribunal de Santiago de Cuba. Une décision de justice qui est une grande première à Cuba, où la répression et les restrictions de la liberté d’expression sont plutôt d’actualité en ce moment. 

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La sentence est historique. Dairon Duque de Estrada a tout de même été condamné à 4 ans et demi de prison pour « propagation d’épidémie et attentat », de faux délits selon plusieurs ONG de défense des droits de l’homme à Cuba, mais l’outrage n’a pas été reconnu.

Le 1er mai dernier, le jeune Santiaguero de 22 ans, sortait dans la rue en criant « À bas Fidel, Raul, les comités de défense de la Révolution et à bas la police  », immédiatement arrêté et accusé d’outrage, ce n’est donc pas pour ce délit qu’il a été condamné.

Un verdict inédit et symbolique fort, car la sentence du tribunal municipal de Santiago de Cuba reconnait que « les expressions de désaffection vociférées par l’accusé même si elles sont contraire à l’idéologie politique du système socialiste cubain, ne constituent pas une attaque contre les autorités, mais représentent ses convictions et son idéologie politique ».

Certains y voient donc un changement dans l’interprétation de la loi à Cuba et un petit pas vers l’indépendance de la justice. Alors que récemment le rappeur Denis Solis a été emprisonné pour outrage et un jeune homme tenant une pancarte réclamant la libération de ce même rappeur est accusé d’atteinte à la sécurité de l’État.

 

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