Brésil: face à la montée du Covid-19, des mesures restrictives bien difficiles à appliquer

Personne portant un masque dans une rue de Rio, au Brésil.
Personne portant un masque dans une rue de Rio, au Brésil. AFP - MAURO PIMENTEL

Au Brésil, la crise sanitaire s’aggrave de jour en jour. Le nombre de morts par jour ne cesse d’augmenter : le coronavirus a fait 1 800 victimes ces dernières 24 heures. La ville de Rio a mis en place un couvre-feu depuis ce vendredi 5 mars entre 23 heures et 5 heures du matin, et les bars et restaurants doivent fermer leurs portes à partir de 17 heures. Une mesure difficile à mettre en pratique.

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De notre correspondante à Rio, Sarah Cozzolino

Dix-sept heures passées et les bars et restaurants du quartier chic de Leblon commencent timidement à baisser leurs rideaux. Certains ne les baissent qu’à moitié et on aperçoit encore les jambes de quelques clients qui s’éternisent.

Sirleide est serveuse dans un restaurant qui ne fera que des livraisons ce soir.« C’est quand même très différent. D’habitude, ça commence le jeudi soir, et ça s’étend le vendredi, samedi, dimanche. C’est toujours bondé de personnes sans masques ici, qui circulent et boivent comme si de rien n’était », constate-t-elle.

Même si les prochains jours s’annoncent difficiles pour les restaurateurs, Leandro soutient les restrictions. « C’est un mal, mais un mal nécessaire. Sans obligation, sans décret qui interdise aux gens d’aller dans les rues, ils ne le feront pas d’eux-mêmes », dit-il.

À Catete, dans un autre quartier, les serveurs continuent d’installer des tables à 20 heures. Marcos et Guilherme sont même surpris d’avoir trouvé un bar pour boire une bière.

« On habite le quartier, et en venant on a vu plein de bars qu’on connaît en train de fermer, mais en allant faire nos courses on a trouvé celui-ci ouvert. Donc, les règles ne servent à rien s’il n’y a pas de contrôle », expliquent-ils.

Décret assoupli

À peine entré en vigueur le décret est déjà assoupli. Une décision de la justice de la ville de Rio étend les horaires des bars à 20 heures, comme les autres commerces. Le maire a annoncé qu’il fera appel de la décision.

De son côté, l'État de São Paulo, avec ses 46 millions d'habitants, repasse ce samedi, pour deux semaines, en « phase rouge » avec la fermeture des commerces non-essentiels.

►À lire aussi : « Arrêtez de geindre »: le président Bolsonaro fustige les mesures locales face au Covid

Les mesures restrictives (confinement, couvre-feu) prises dans plusieurs villes et états du pays sont très critiquées par le président d’extrême-droite, Jair Bolsonaro, qui menace de représailles les dirigeants locaux à travers des coupes budgétaires.

Un confinement national, une solution ?  

Pour Roberto Kraenkel, membre de l'Observatoire du Covid-19 au Brésil, le pays fait « face à une situation catastrophique ». « La raison, c’est vraisemblablement le variant P.1, le variant Brésilien qui est beaucoup plus transmissible. S’il est beaucoup plus transmissible que le variant sauvage, ça veut dire que la vitesse de propagation de l’épidémie est aussi beaucoup plus rapide », observe-t-il.

Il demande un confinement national. « Étant donné la situation qu’on a maintenant, il n’y a aucune autre situation qu’un lockdown, d’abord pour deux ou trois semaines. Parce que sinon, le nombre de cas sera tellement important qu’il n’y aura pas d’hôpitaux et de services de santé au Brésil pour soulager la population », assure-t-il.

 

 

 

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