Mort de George Floyd: ouverture d'un procès hors normes ce lundi aux États-Unis

Manifestation devant la résidence du gouverneur du Minnesota deux jours avant le début de la sélection du jury pour le procès de l'ancien policier Derek Chauvin, accusé d'avoir tué George Floyd, à St. Paul, Minnesota, le 6 mars 2021.
Manifestation devant la résidence du gouverneur du Minnesota deux jours avant le début de la sélection du jury pour le procès de l'ancien policier Derek Chauvin, accusé d'avoir tué George Floyd, à St. Paul, Minnesota, le 6 mars 2021. REUTERS - NICK PFOSI

Aux États-Unis s'ouvre ce lundi 8 mars un procès hors normes. Selon l'accusation il s'agit même de « l'un des plus importants de l'histoire américaine ». Sur le banc des accusé : Derek Chauvin. L'ancien policier inculpé pour le meurtre de l'Afro-Américain George Floyd. Le supplice de cet homme noir lors de son arrestation en mai dernier a été filmé par une passante. Retour sur un meurtre qui a bouleversé les États-Unis et a suscité une onde de choc dans le monde entier. 

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Le 25 mai 2020, George Floyd achète un paquet de cigarettes dans un tabac à Minneapolis. Le caissier le soupçonne d'avoir payé avec un faux billet et appelle la police.

George Floyd, qui a consommé du fentanyl, un puissant opiacé, s'oppose sans violence aux agents qui veulent l'embarquer. Très rapidement, il se retrouve menotté, plaqué au sol, le genou droit de Derek Chauvin sur le cou. La scène est filmée et retransmise en direct sur les réseaux sociaux. Avant de mourir asphyxié, l'homme noir supplie le policier blanc pendant huit minutes et 46 secondes : « Je ne peux pas respirer ».

« I can't breathe », scandent des centaines de milliers de manifestants à travers lesÉtats-Unis dans les jours et semaines qui suivent ce meurtre. George Floyd est devenu l'icône du mouvement contre le racisme systémique et les violences policières.

« Black Lives Matter », « les vies noires comptent », scandent aussi, et c'est nouveau, des manifestants blancs qui rejoignent les Noirs dans la rue. Ils réclament non seulement des réformes mais bel et bien une relecture de l'histoire du pays. Le procès de Derek Chauvin n'est donc pas seulement celui d'un policier. C'est celui de la police américaine.

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La crainte de violences

Signe des attentes, ce dimanche, des milliers de manifestants ont déposé un cercueil au pied de la cour de justice de Minneapolis avec une large banderole portant l’inscription « I can’t breath », témoigne notre envoyé spécial à Minneapolis, Éric de Salve.

Les autorités craignent de voir resurgir des protestations dix mois plus tard, au moment ou débute le procès pour meurtre de ce policier dont le simple nom incarne désormais les violences policières. Pas de justice, pas de paix ont encore prévenu les manifestants ce week-end. Tous en sont convaincus, un acquittement à l’issue de ce procès qui pourrait durer deux mois, déclencherait immanquablement de nouvelles violences.

Dans cette perspective, la mairie a déboursé 645 000 dollars pour barricader les bâtiments officiels. La Cour de justice est entourée de grille de sécurité géantes, tous les commissariat sont protégés par d’immenses blocs de béton. Quant aux avocats de Chauvin, ils entendent plaider l’acquittement en assurant que leur client qui cumulait déjà une vingtaine de plaintes a fait preuve d’une attitude calme et professionnelle conforme à sa formation.

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