Reportage

8-Mars: au Mexique, une marche de la colère contre l'indifférence des gouvernants

Manifestation pour la Journée internationale des Droits des femmes à Mexico.
Manifestation pour la Journée internationale des Droits des femmes à Mexico. © Alix Hardy / RFI

Des millions de femmes défilaient ce 8 mars pour la journée des droits des femmes dans le monde entier. Au Mexique, la marche était imprégnée d’une puissante colère. Dans un pays où plus de dix femmes sont assassinées chaque jour en moyenne, le président multiplie les marques d’indifférence face à la gravité de la situation. Les Mexicaines exigent plus que jamais d’être entendues.

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Avec notre correspondante à Mexico, Alix Hardy

Celles qui détruisent les vitrines à coups de marteau, cagoulées de noir, sont toujours minoritaires. Mais un cri va crescendo dans la foule :  « Nous sommes toutes responsables ». La violence de certaines canalise la colère de toutes. Elles font désormais bloc face à l’indifférence du gouvernement mexicain

« Ici, on protège les violeurs et pas les femmes »

Dernier affront en date : le soutien indéboulonnable du président de la République à un cacique de son parti qui brigue le poste de gouverneur de l'État de Guerrero aux prochaines élections. Le candidat est pourtant accusé de viol et de violences sexuelles par cinq femmes.

Cette militante au chignon blanc en a honte. « C’est un copain du président, déplore-t-elle. Ici, on protège les violeurs et pas les femmes. Ici, la police n’enquête pas. Les juges sont aveugles. C’est très dur de survivre en tant que femme. Moi, je ne veux plus être mexicaine ».

En amont de la marche, les autorités ont barricadé les alentours du Palais national. Tout un symbole, souligne Lizbeth, venue manifester en famille et pour qui « le gouvernement sait parfaitement ce qui se passe et combien de femmes sont assassinées chaque jour. Le gouvernement ne veut pas écouter. Il veut nous faire taire. Il protège ses monuments. On va voir si ce pays peut vivre avec des murs et pas des femmes alors que ce sont elles qui le font tourner ».

Sur les parois de métal, elles ont peint, un à un, les noms des femmes assassinées au Mexique, en guise de rappel glaçant. 

► À lire aussi : Les violences faites aux femmes au Mexique, une pandémie selon l'ONU

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