Covid-19 au Brésil : aides «dérisoires» et restrictions, les plus pauvres pris à la gorge

Au Brésil, la pandémie redouble d’intensité, avec plus de 2000 morts et 90 000 cas confirmés par jour. Les pauvres sont les plus touchés par le Covid-19. Le gouvernement va donc relancer un programme d’aide financière dont le montant sera d’environ 40 euros en moyenne.
Au Brésil, la pandémie redouble d’intensité, avec plus de 2000 morts et 90 000 cas confirmés par jour. Les pauvres sont les plus touchés par le Covid-19. Le gouvernement va donc relancer un programme d’aide financière dont le montant sera d’environ 40 euros en moyenne. (Photo : DR)

La pandémie redouble d’intensité dans le pays, avec plus de 2 000 morts et 90 000 cas confirmés par jour. Les pauvres sont les plus touchés par le Covid-19, et le gouvernement brésilien vient justement d’adopter une nouvelle aide pour les plus vulnérables. Mais cette aide est loin de satisfaire les associations caritatives sur le terrain. Face à l'explosion des cas à Rio, le maire a également mis en place de nouvelles restrictions. Au risque de pénaliser l'emploi des familles modestes. 

Publicité

L’État avait déjà versé une aide financière d’environ 100 euros par mois à quelque 60 millions de Brésiliens l’an dernier. Mais ce programme avait été suspendu début janvier. Ce qui avait laissé les pauvres en situation encore plus vulnérable, rappelle notre correspondant à São Paulo, Martin Bernard.

À présent, le gouvernement va relancer ce programme, mais avec des critères plus sélectifs. Cela veut dire que moins de Brésiliens vont recevoir cette aide, dont le montant sera d’environ 40 euros en moyenne.

Une aide dérisoire

Pour Preto Zézé, le président de la Centrale Unique des favelas, cela ne suffit pas : « Non ce n’est pas possible, on ne peut pas combattre la pandémie comme cela. La situation sanitaire s’est aggravée. Il y a le chômage et les dons ont diminué. Il y a plus de gens dans le besoin. Et maintenant, il y a le problème de la faim, car il y a beaucoup de gens au chômage et sans argent. »

Selon le Réseau brésilien pour le revenu de base, le montant de cette aide est dérisoire. Il est loin de garantir le droit à la distanciation sociale et à la protection de la population. Au contraire, cette aide a minima risquerait de pousser les plus vulnérables à sortir de chez eux pour chercher du travail et à s’exposer au virus.

Fermeture des plages à Rio

Dernier bain pour les Cariocas. À partir de ce samedi, les habitants de Rio de Janeiro ne pourront plus aller à la plage le week-end. Face à l’explosion de cas de Covid-19 et la situation critique dans les hôpitaux, le maire de la ville durcit les mesures prises ces dernières semaines, rapporte notre correspondante à Rio, Sarah Cozzolino.

Le regard au loin, Simone et Maria profitent des derniers rayons de soleil sur la plage. Ces deux employées du Copacabana Palace prennent les transports en commun plusieurs heures par jour pour venir travailler, sans jamais trouver le temps de s’asseoir dans le sable.

« Je suis contre ces mesures, confie Simone. Parce que si l’on ferme la plage, il faut tout fermer. Les transports publics sont blindés. Alors pourquoi ne les ferme-t-on pas aussi ? Pour moi, il faut remettre un confinement en place, tout fermer, comme les autres pays. Alors là, oui, cela peut marcher. »

À côté d’elle, Sid est en train de ranger les chaises de plages qu’il loue à la journée. Avec cette décision, il se sent abandonné par la mairie : « Rien que sur ce stand, cela fait travailler trois familles. Sur la plage, il doit y avoir 220 stands. Cela fait plusieurs centaines de familles qui vont être au chômage pendant ce temps-là. »

De nouvelles restrictions à venir

Les quelques touristes rentrent aussi. Betinho et sa famille étaient justement venus de l’État de São Paulo pour profiter des mesures plus flexibles à Rio. Ils vont devoir écourter leur voyage, mais c’est pour la « bonne cause ».

« Moi je trouve que c’est juste, parce que c’est vrai qu’on remarque le comportement de beaucoup de personnes qui ne font pas attention, qui n’utilisent pas le masque et se rassemblent ! Donc on ne peut pas faire autrement », précise ce père de famille. 

De son côté, Jair Bolsonaro a critiqué les restrictions mises en place par la mairie de Rio, qui empêcherait les Brésiliens d’assimiler de la vitamine D, indispensable pour combattre l’épidémie. Ce lundi, le maire devrait annoncer de nouvelles mesures après consultation d’un comité scientifique.

À lire: L'économie du Brésil tente de reprendre son souffle

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail