Haïti: bras de fer au sein de la police nationale

Un policier au milieu des gaz lacrymogènes lors d'une manifestation contre le président haïtien Jovenel Moise à Port-au-Prince, le 10 février 2021 (image d'illustration).
Un policier au milieu des gaz lacrymogènes lors d'une manifestation contre le président haïtien Jovenel Moise à Port-au-Prince, le 10 février 2021 (image d'illustration). AP - Dieu Nalio Chery

En Haïti, la situation sécuritaire reste inquiétante avec la prolifération des gangs. Dans ce contexte, la police nationale est fragilisée par un bras de fer lancé entre la direction générale et le syndicat. Après l’assassinat d’un policier lundi, le chef de la PNH accuse certains agents d’avoir créé un « groupe terroriste » et a ordonné leurs révocations. Un ordre anti-démocratique, répond le coordonnateur du syndicat. 

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Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

Principale force de sécurité du pays, la police nationale d’Haïti risque-t-elle l’implosion ? Le divorce est en tout cas prononcé entre son directeur général et les membres du syndicat SPNH. Aux premières heures mardi matin, les noms et photos de sept agents ont été publiés sur les pages officielles de l’institution sur les réseaux sociaux indiquant qu’ils étaient activement recherchés comme étant « des individus armés et dangereux membres du groupe terroriste Fantom 509 ».

Premier épinglé lundi : Jean Edler, qui est le coordonnateur du syndicat. Lui affirme que cette révocation n’est qu’une violation du droit syndical, et constitue, selon lui, une preuve que le régime politique en place n’est plus démocratique. 

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Le groupe Fantom 509 a multiplié les manifestations ces derniers jours et son mode opératoire panique ceux qui croisent sa route : à travers la capitale ils défilent en nombre à moto. Certains en uniforme et cagoulés tirant en l’air avec leur arme de service. Sous la contrainte, ils ont obtenu la libération de plusieurs policiers qui étaient en garde à vue. Et lundi, alors que Fantom 509 débutait une mobilisation au cœur de la ville, un policier qui était en service a été tué et un autre blessé.

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