Revue de presse des Amériques

À la Une: la mort d'une Salvadorienne au Mexique rappelle «l'affaire George Floyd» américaine

Une rue de Tulum, au Mexique. La presse locale fait écho de la mort d'une migrante originaire du Salvador, asphyxiée par des agents municipaux.
Une rue de Tulum, au Mexique. La presse locale fait écho de la mort d'une migrante originaire du Salvador, asphyxiée par des agents municipaux. © Getty Images/Linda Raymond

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Au Mexique, la mort d’une Salvadorienne rappelle étrangement l’affaire George Floyd aux États-Unis. Samedi après-midi, « des agents municipaux de Tulum, dans l’État du Quintana Roo, ont maîtrisé et assassiné une migrante salvadorienne, qu’ils détenaient prétendument pour avoir troublé l’ordre public », écrit Milenio. « Des vidéos et des photos, qui ont circulé sur les réseaux sociaux, montrent quatre agents en uniforme (...) arrêter la victime et la jeter au sol, avant qu’une policière ne l’immobilise en plaçant son genou sur son dos jusqu’à ce qu’elle soit tuée par asphyxie ».

Proceso indique que le maire de Tulum a promis une enquête. Un autre média mexicain, 24 horas, souligne que l’affaire a fait réagir le président du Salvador. Nayib Bukele a présenté ses condoléances à la famille de la jeune femme. Il assure qu’une aide sera apportée à ses deux filles et il « se dit convaincu que le gouvernement mexicain punira les agents responsables de sa mort ».

États-Unis : des centaines de migrants arrivent chaque nuit au Texas

En parallèle, le nombre de migrants originaires d’Amérique centrale qui traversent la frontière États-Unis-Mexique continue d’augmenter. Selon le Washington Post, cela met à « rude épreuve le service des douanes et de protection des frontières qui doit transporter, traiter les demandes d’asile et prendre en charge ces familles sans laisser d’autres sections de la frontière sans surveillance ». Victor Peña, photographe du média salvadorien El Faro, propose aujourd’hui une série de clichés pris à Roma, petite ville texane de 10 000 habitants, où débarquent chaque nuit plusieurs centaines de migrants. Il s’agit surtout « de Honduriens, de Guatémaltèques, de Mexicains et de quelques Salvadoriens » et tous sont accompagnés de jeunes enfants.

« L’administration Biden soutient que sa politique consiste à “expulser” ces familles vers le Mexique en vertu d’un décret lié à la crise sanitaire », mais en réalité selon le Washington Post, « seuls 10 à 20 % d’entre elles sont renvoyées. Les autres sont généralement relâchés aux États-Unis avec un avis de comparution devant un tribunal ». Car en parallèle, fin janvier, « les autorités mexicaines ont cessé d’accepter certaines familles refoulées par les agents américains (...) en invoquant une nouvelle loi sur la protection de l’enfance qui a limité leur capacité d’accueil ». « Cette règle, poursuit le journal, s’applique principalement aux familles arrivant avec des enfants de moins de 7 ans, de sorte que les parents avec de jeunes enfants » tentent de profiter de cette fenêtre pour traverser la frontière sans risquer l’expulsion.

Arkansas : le droit de ne pas soigner ?

En Arkansas, « le gouverneur Asa Hutchinson a signé vendredi une loi qui permettra aux médecins de refuser certains patients en raison d’objections religieuses ou morales », nous dit Axios. Selon les opposants au texte, cette mesure permettra aux soignants de discriminer certains patients, notamment les personnes LGBT.

Ce mois-ci, l’Arkansas avait déjà fait les gros titres des journaux internationaux après avoir adopté un texte interdisant l’avortement même en cas de viol et d’inceste.

Chili : les élections reportées ?

Au Chili, « le gouvernement demande au Congrès de reporter l’élection » des 10 et 11 avril aux 15 et 16 mai, en raison de la crise sanitaire, écrit El Mercurio en Une. Le journal note que le pays a enregistré au mois de mars ses pires chiffres quotidiens en termes de contaminations et d’hospitalisations.

La Tercera rappelle que le scrutin doit permettre de désigner les membres d’une Assemblée constituante chargée de rédiger la future Constitution du Chili.

Brésil : quand les ambitions spatiales américaines menacent des communautés

Il s’agit de descendants d’esclaves africains, qui font partie des populations « les plus pauvres du Brésil » et ont été « laissées tranquilles » dans cette zone reculée du pays pendant des centaines d’années, raconte le Washington Post, en s’appuyant sur des cartes et des photos.

Mais « par une coïncidence du destin ces villages historiquement noirs, appelés quilombos » sont situés à un peu plus de 300 km de l’équateur. Bref, « Alcantara est l’un des endroits du monde où il est le plus simple de lancer des satellites en orbite », à moindre coût.

Il y a 30 ans, explique le journal, plus de 300 familles avaient déjà été déplacées pour construire cette base de lancement. Mais ces villages pourraient bientôt totalement disparaître. « En 2019, les États-Unis ont signé avec le Brésil un accord de confidentialité technologique qui leur permet d’utiliser ce centre pour des missions commerciales ». Cela signifie l’agrandissement du site de lancement et pourrait « également signifier le déplacement de près de 2100 personnes ». La fin donc des derniers quilombos.

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