Brésil: Jair Bolsonaro remanie son gouvernement et annonce six changements de ministres

Le président du Brésil, Jair Bolsonaro, remanie son gouvernement et annonce le départ de six ministres.
Le président du Brésil, Jair Bolsonaro, remanie son gouvernement et annonce le départ de six ministres. EVARISTO SA AFP

Le président brésilien Jair Bolsonaro a remanié son gouvernement ce lundi 29 mars, avec six changements de ministres, dont ceux des Affaires étrangères, de la Justice et de la Défense. C’est ce qu’a annoncé le ministère des Communications dans un communiqué. Le départ du chef de la diplomatie brésilienne, Ernesto Araujo, était attendu, ce dernier étant mis en cause dans le fiasco de la politique contre le coronavirus qui a fait près de 314 000 morts au Brésil, mais les autres changements ont pris de court les observateurs.

Publicité

Près de quatre mois après avoir atteint la moitié de son mandat de quatre ans, le président Bolsonaro a également changé le poste de ministre de la Casa Civil, à mi-chemin entre le chef de cabinet et le Premier ministre, celui de l'Avocat général de l'Union, chargé de la défense des intérêts juridiques du pays. Ce remaniement marque également l'arrivée d'une troisième femme dans ce gouvernement, sur 22 ministres au total, la députée Flavia Arruda, au secrétariat de la Présidence.

Il y a deux semaines, un autre changement important avait eu lieu, à la tête du ministère de la Santé, le général Eduardo Pazuello ayant été remplacé par le cardiologue Marcelo Queiroga. C'est le quatrième ministre de la Santé depuis le début de l'épidémie au Brésil.

Le départ de deux piliers du gouvernement 

Ces deux ministres « historiques » qui faisaient partie du gouvernement depuis le début du mandat du président d'extrême droite en janvier 2019, avaient des profils très différents.

Ancien chef de l'état-major, le général de réserve Fernando Azevedo e Silva, qui a quitté le ministère de la Défense, faisait partie de l'« aile militaire » du gouvernement, réputée moins extrémiste et plus pragmatique.

Ernesto Araujo, au contraire, est un des idéologues les plus exaltés, qui a rompu la tradition de multilatéralisme de la diplomatie brésilienne, et que des parlementaires accusent d'avoir été responsable des retards de livraison des doses importées de vaccins anti-Covid-19 et de principes actifs pour les fabriquer en raison de ses relations tendues avec la Chine.

Des efforts pour « préserver l'Armée comme une institution d’État »

Les départs du général Pazuello et d'Ernesto Araujo étaient attendus, après des semaines d'usure et de critiques répétées de parlementaires alliés du gouvernement.

Mais celui de Fernando Azevedo e Silva a pris tout le monde de court. Dans un bref communiqué, il a assuré avoir été « entièrement loyal » au président Jair Bolsonaro. Mais il tient aussi à souligner ses efforts pour « préserver l'armée comme une institution d'État ».

Des sources citées par le journal O Globo révèlent que le ministre était mal à l'aise à cause de manifestations de militants pro-Bolsonaro nostalgiques de la dictature militaire (1964-1985) et réclamant une « intervention » de l'Armée contre le Parlement et la Cour suprême.

Selon la chaîne d'information Globonews, le ministre de la Défense a quitté son poste à la demande du chef de l'État, qui lui a annoncé sa décision lors d'une réunion de seulement cinq minutes.

Un isolement diplomatique assumé

Peu avant l'annonce de changement au ministère de la Défense, une source gouvernementale avait confirmé à l'AFP que le ministre des Affaires étrangères, Ernesto Araujo, avait présenté sa démission.

Cela faisait plusieurs semaines que le chef de la diplomatie était sous pression. Il était mis en cause dans le fiasco de la lutte contre le coronavirus du Brésil, qui a fait plus de 312 000 morts en un an.

« Beaucoup d'erreurs ont été commises dans le combat contre la pandémie ; l'une d'entre elles est l'absence de relations diplomatiques productives avec des pays qui auraient pu collaborer avec le Brésil en ce moment de crise », a ainsi déploré le président du Sénat, Rodrigo Pacheco, la semaine dernière.

Personnage fantasque, Ernesto Araujo, 53 ans, était l'un des membres les plus exaltés de l'« aile idéologique » du gouvernement Bolsonaro, un farouche détracteur de la mondialisation et fervent admirateur de l'ex-président américain Donald Trump.

Il n'a eu de cesse de fustiger le « marxisme culturel » qui a « influencé le dogme scientifique du réchauffement climatique ». Ernesto Araujo a souvent irrité par ses déclarations provocatrices la Chine « maoïste », alors que Pékin est le premier partenaire commercial du Brésil. En octobre dernier, il avait admis que l'isolement diplomatique du Brésil n'était pas vraiment un problème pour lui.

« Oui, le Brésil parle de liberté dans le monde entier. Si cela fait de nous un paria, qu'on soit ce paria », avait-il déclaré devant des élèves de l'Institut Rio Branco, qui forme les futurs diplomates du Brésil.

Une des personnalités pressenties pour le remplacer est l'actuel ambassadeur du Brésil en France, Luiz Fernando Serra

(Avec AFP)

 

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail