Reportage

Présidentielle au Pérou: les électeurs se disent divisés entre «deux options catastrophiques»

Les candidats à la présidentielle péruvienne Pedro Castillo (gauche) et Keïko Fujimori (droite) lors de débats télévisés à Lima, les 30 et 29 mars 2021, respectivement.
Les candidats à la présidentielle péruvienne Pedro Castillo (gauche) et Keïko Fujimori (droite) lors de débats télévisés à Lima, les 30 et 29 mars 2021, respectivement. © Sebastian Castaneda, AFP

Le Pérou se rend aux urnes le 6 juin pour le second tour de la présidentielle, où ils auront le choix entre la gauche radicale avec Pedro Castillo et la droite populiste avec Keïko Fujimori. Si lui est un instituteur et syndicaliste quasiment inconnu en politique, elle est la fille fille de l’ancien dictateur Alberto Fujimori et se présente pour la troisième fois, malgré les sérieuses accusations de corruption à son encontre. Les Péruviens sont consternés et divisés face au choix.

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Avec notre correspondante à Lima, Wyloën Munhoz-Boillot

Dans les rues de la capitale, nombreux sont les Péruviens qui parlent d’un second tour entre « la peste et le choléra ».

Pour Hugo Velarde, communiquant à Miraflores, un quartier résidentiel de Lima, c’est le pire scénario qui soit : « Ce sont deux options tout aussi catastrophiques. Fujimori représente la pire corruption au Pérou. Et Castillo, avec son plan économique communiste veut, nous faire reculer d’au moins deux siècles. Donc je ne peux voter pour aucun des deux. »

Même si le total des voix rassemblées par les partis de droite rend une victoire de Keïko Fujimori a priori plus plausible, rien n’est joué tant les deux candidats suscitent le rejet d'une partie de la population.

D’après des sondages réalisés avant le premier tour, 70 % des Péruviens affirment qu’ils ne voteront jamais pour Keïko Fujimori. À l’image d’Eli Garido, chauffeur de taxi à Lima : « Je voterai toujours contre elle à cause de ce que son père a fait à notre pays. Et elle fait l’objet d’une enquête pour corruption. Et si la justice la condamne, on va se retrouver avec un président en prison ? Je préfère mille fois Castillo à Keïko. »

Mais le candidat de la gauche radicale Pedro Castillo suscite lui aussi une grande méfiance. Elias, étudiant en marketing, exclut d’ailleurs de voter pour lui : « Je vais voter pour Keïko Fujimori, parce que c’est une droite qu’on connait, alors que l’autre option c’est la gauche radicale, et j’ai peur qu’on termine comme le Venezuela ou Cuba. »

Comme lui, de nombreux Péruviens associent la gauche au chavisme ou encore au terrorisme du Sentier Lumineux qui a causé des milliers de morts dans les années 1980 au Pérou. Alors que la campagne pour le deuxième tour n’a pas encore débuté, la société péruvienne semble déjà très divisée, ce qui rend l’issue du second tour plus qu’incertaine.

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