Reportage

Covid-19 en Argentine: manifestation contre la fermeture des écoles

«L'éducation, c'est essentiel», peut-on lire sur la banderole des manifestants contre la fermeture des écoles en Argentine, en raison du regain de la pandémie de Covid-19, devant le ministère de l'Éducation à Buenos Aires, le 16 avril 2021.
«L'éducation, c'est essentiel», peut-on lire sur la banderole des manifestants contre la fermeture des écoles en Argentine, en raison du regain de la pandémie de Covid-19, devant le ministère de l'Éducation à Buenos Aires, le 16 avril 2021. AP - Victor R.Caivano

Des centaines de personnes sont descendues dans la rue à Buenos Aires pour protester contre les dernières mesures prises par le gouvernement pour freiner la seconde vague de la pandémie. Le Covid-19 a déjà fait plus 59 000 morts dans ce pays de 45 millions d’habitants. Plus que la restriction de circulation à partir de 20 heures, c’est la suspension des classes en présentiel pour les élèves de tous les niveaux qui a mobilisé les manifestants.

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Avec notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet

Autour de l’Obélisque, au centre de Buenos Aires, des familles, beaucoup d’enfants, une majorité de femmes. Et un seul message : non à la fermeture des écoles.

« Je suis une mère de cinq enfants, de niveaux primaire, secondaire et universitaire, nous explique Sofía, une enseignante de 53 ans. L’année dernière, ils ont tous travaillé en distanciel. Mais ce n’est pas la même chose que d’étudier en présentiel. Pour le plus jeune, qui a 13 ans, ça a été très dur, et s’il devait vivre une autre année comme ça, il la perdrait ! »

Les enfants de milieu défavorisé pénalisés

Laura, une restauratrice d’une quarantaine d’années, est préoccupée par la situation des enfants les plus défavorisés : « Je suis là pour l’éducation du pays. Je trouve atroce qu’on nous impose des restrictions, alors qu’il est prouvé qu’il y a peu de contagions à l’école. Je ne suis pas préoccupée pour mon fils, qui a son ordinateur et son accès Internet, mais pour beaucoup d’autres enfants qui n’ont pas cette chance. Les plus lésés sont ceux qui n’ont pas ces outils. Je suis vraiment indignée ! »

Les statistiques prouvent que l’école n’est pas un lieu privilégié de contagion. Mais les syndicats de l’éducation ont montré leur puissance en obtenant que le gouvernement prenne une mesure impopulaire, à six mois des élections parlementaires de moyen terme.

► À lire aussi : Covid-19: les contaminations en forte hausse, l'Argentine impose de nouvelles restrictions

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