Revue de presse des Amériques

À la Une: procès Chauvin, les États-Unis retiennent leur souffle

Manifestants arborant un portrait de George Floyd et des slogans Black lives matter, en marge du procès de Derek Chauvin, à Minneapolis, le 19 avril.
Manifestants arborant un portrait de George Floyd et des slogans Black lives matter, en marge du procès de Derek Chauvin, à Minneapolis, le 19 avril. REUTERS - OCTAVIO JONES

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Le procès Chauvin avec les délibérations du jury qui ont commencé fait les gros titres de la presse. « Une nation retient son souffle », écrit par exemple le Washington Post. « À présent, le destin de Derek Chauvin est entre les mains du jury », qui a commencé ses délibérations hier soir. « Les yeux du pays entier sont tournés vers Minneapolis en attendant le jugement d’un procès qui a déjà marqué l’histoire des États-Unis », estime le Washington Post.

Signe que les tensions sont au point maximal, le débat autour des propos de la députée fédérale afro-américaine Maxine Waters. Lors d’une manifestation le week-end dernier à Minneapolis contre la mort du jeune Noir Daunte Wright, tué par une policière la semaine dernière, elle avait affirmé espérer que Derek Chauvin soit jugé coupable. Des propos qui selon le juge du procès donnent des arguments à la défense pour faire appel. C’est à la Une de USA Today.

D'autres journaux s’intéressent à ce que sont en train de vivre les membres du jury. « Un jury qui est sous une pression maximale », écrit le journal local Star Tribune. Des manifestants demandent que l’accusé soit déclaré coupable alors que ses avocats plaident pour un acquittement. Les jurés savent que leur décision sera commentée par le monde entier et qu’elle aura un impact sur la société américaine. « C’est difficile de gérer ce stress émotionnel », explique un professeur de psychologie dans les colonnes du Star Tribune, d’autant que les jurés ne pourront pas bénéficier d’une assistance individuelle dans ces moments de délibérations.

Leur situation est très paradoxale, conclut le Star Tribune : « ils sont à la fois reclus, travaillent en coulisses, et sont exposés sur la scène médiatique internationale ». Un élément fait toutefois descendre un peu la pression, ajoute un ancien juge, il s’exprime lui aussi dans le Star Tribune : le fait que la sentence exclut la peine de mort. Il ne s’agit pas de décider sur la vie et la mort d’une personne mais sur le nombre d’années qu’il pourrait passer derrière les barreaux.

Adieu les Castro ? Pas vraiment…

Le départ à la retraite de RaUl Castro fait bien sûr la Une de la presse officielle. Le journal Granma félicite le président Miguel Díaz-Canel qui a pris hier la succession de Raúl Castro en tant que premier secrétaire du Parti communiste. L’ancien et le nouveau chef du parti unique se tenant par la main lors de la clôture du huitième congrès du PCC, cette photo fait la Une de Granma.

Donc, adieu les Castro ? Pas tout à fait, car selon le Miami Herald, certains membres de la famille continueront d’occuper des postes élevés au sein de l’administration cubaine. La fille de RaUl Castro dirige une organisation qui défend les droits de la communauté LGBT. Un de ses fils qui a « œuvré pour le rapprochement avec les États-Unis » travaille dans les services de renseignement. Sans parler d’un ex-gendre qui est « à la tête d’un puissant groupe d’entreprises militaires ». Le Miami Herald qui a aussi recueilli des témoignages de Cubains vivant en Floride et qui ont fui le gouvernement communiste. Selon ces exilés, rien ne changera à Cuba avec le départ de Raul Castro. « J’ai quitté l’île à cause de Castro et de Díaz-Canel », raconte Yglesias, 36 ans, avant d’ajouter : « le pays s’enfonce dans la crise et eux, ils poursuivent les mêmes politiques qui n’ont aucun sens ».

Crise sanitaire, sociale et économique en Argentine

La crise du Covid-19 en Argentine a entraîné aussi une grave crise sociale et économique, c’est un reportage à lire dans leNew York Times. « Nous avons tout perdu ! », ce constat amer, c’est Carla Huanca qui le dresse, une habitante de Buenos Aires. À 33 ans, elle a besoin de l’aide du gouvernement pour faire vivre sa famille. Et cette jeune femme n’est pas un cas isolé. Quatre Argentins sur dix vivent à présent dans la pauvreté, écrit le journal.

Le peso, la monnaie nationale, a beaucoup cédé face au dollar ce qui a rendu plus cher les importations, dont la nourriture. Justement pour nourrir sa famille, Carla Huanca, dépend des repas gratuits fournis par des bénévoles du quartier. Avec ce qu’il lui reste comme économie, elle souhaite entre autres payer la connexion internet pour que ses enfants puissent continuer à assister à ses cours en ligne de leur école.

L’Uruguay aussi touché de plein fouet par la crise

Un autre pays d’Amérique latine est de plus en plus touché par la pandémie, c’est l’Uruguay dont le taux de mortalité par habitant est désormais le plus élevé d’Amérique latine, selon le journal Folha de S.Paulo. Le journal rappelle que ce petit pays a été au début de la pandémie un modèle de la gestion de la crise sanitaire. Une crise qui s’est aggravée cependant et qui met en péril la cohésion sociale du pays. Les autorités locales et les médecins poussent le président Luis Lacalle Pou de mettre en place des restrictions plus sévères. En attendant, les Uruguayens se rendent à la plage, nombreux et sans masque comme le montre la Une du journal El Observador.

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