Covid-19: avril, le mois le plus meurtrier au Pérou depuis le début de la pandémie

À peine 3 % de la population est vaccinée au Pérou.
À peine 3 % de la population est vaccinée au Pérou. AP - Martin Mejia

La situation sanitaire semble hors de contrôle au Pérou. Le nombre de nouveaux cas et de morts du coronavirus a augmenté de manière exponentielle ces dernières semaines et a atteint des records ces derniers jours. Ainsi, le mois d’avril n'est pas encore terminé, mais c'est déjà le mois le plus meurtrier depuis le début de la pandémie, avec plus de 6 000 morts. En cause : la présence accrue du variant brésilien et un système de santé saturé.

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Avec notre correspondante à Lima, Wyloën Munhoz-Boillot

« En avril, un Péruvien meurt du Covid toutes les 5 minutes », pouvait-on lire à la Une du quotidien El Comercio cette semaine. Depuis le début du mois, le nombre de décès liés au coronavirus a explosé.

« Le nombre de morts a augmenté de 70 % en à peine trois semaines, nous explique Rodrigo Parra, spécialiste en analyse des données. Au pire moment de la première vague on enregistrait 200 morts par jour en moyenne. Là, on est à plus de 300 morts par jour, avec des pics jusqu’à 400 comme le week-end dernier. C’est lié avant tout au variant brésilien. »

Le variant brésilien, plus contagieux et plus agressif, a été détecté au Pérou dès le mois de février et s'est depuis propagé dans tout pays, entraînant une hausse vertigineuse du nombre de cas ces dernières semaines.

« Avec l’arrivée du variant, poursuit Rodrigo Parra, le taux de positivité a rapidement augmenté : à Lima comme dans le reste du pays, on est passé de 11 % à plus de 20 % de positivité. Avec des répercussions sur le taux d’occupation des lits en soins intensifs. »

► À lire également : Covid au Pérou: pénurie d’oxygène bien plus importante que lors de la première vague

Couvre-feu et immobilisation totale les dimanches

Avec moins de 100 lits en soins intensifs disponibles dans tout le pays et un déficit en oxygène de 70 tonnes par jour, le système de santé péruvien peine à faire face. D’où l’explosion du nombre de morts.

Pourtant, le gouvernement a exclu l’idée d’un reconfinement, invoquant des raisons économiques. Il a opté pour un couvre-feu nocturne et l’immobilisation totale les dimanches dans les zones les plus touchées. Les vaccins, quant à eux, arrivent au compte-goutte : à peine 3 % de la population est vaccinée au Pérou.

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