Covid-19 en Argentine: une pénurie de vaccins menace les secondes injections

L’Argentine a du mal à se faire livrer les vaccins qu’elle a achetés. L’Inde, nouvel épicentre de la pandémie, n’a pas pu livrer en mars la deuxième partie des 1 160 000 doses du vaccin Covishield commandées. Des milliers d’Argentins ayant reçu la première dose de ce sérum ne savent donc pas s’ils pourront recevoir la seconde.
L’Argentine a du mal à se faire livrer les vaccins qu’elle a achetés. L’Inde, nouvel épicentre de la pandémie, n’a pas pu livrer en mars la deuxième partie des 1 160 000 doses du vaccin Covishield commandées. Des milliers d’Argentins ayant reçu la première dose de ce sérum ne savent donc pas s’ils pourront recevoir la seconde. Tauseef Mustafa AFP

L’Argentine, qui vient de franchir la barre symbolique des trois millions de cas de Covid-19, a elle aussi du mal à se faire livrer les vaccins qu’elle a achetés. L’Inde, nouvel épicentre de la pandémie, n’a pas pu livrer en mars la deuxième partie des 1 160 000 doses du vaccin Covishield commandées. Résultat: des milliers d’Argentins ayant reçu la première dose de ce sérum ne savent pas s’ils pourront recevoir la seconde.

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Avec notre correspondant à Buenos Aires, Théo Conscience

Sylvia Baschuk a 74 ans. Elle vit à Villa Ventana, dans la Province de Buenos Aires. Le 1er mars dernier, cette médecin et son mari ont reçu leur première dose du vaccin Covishield: « Nous avions un rendez-vous le 29 mars pour recevoir la seconde dose, mais nous n’avons plus de nouvelles. »

Aucune nouvelle, car l’Inde, qui produit le vaccin Covishield, a suspendu ses livraisons. Or, le délai maximum de douze semaines entre les deux injections arrivera à terme fin mai pour la grande majorité des quelque 500 000 Argentins qui ont reçu une dose de ce vaccin. « Je me sens flouée, inquiète, en colère, mais surtout flouée », précise Sylvia Baschuk.

Perdre les bénéfices de la première injection 

Constanza Flores Vidal est quant à elle d’autant plus inquiète que c’est sa mère de 80 ans, qui a de lourds antécédents médicaux, qui pourrait perdre les bénéfices de sa première injection: « Hier justement ma mère était inquiète et me demandait : “Quand est-ce que ça va se terminer ? Je suis en train de perdre le peu de temps qui me reste !” Elle ne nous voit pas beaucoup, elle ne peut voir ni ses enfants ni ses petits-enfants. Elle ne peut pas avoir la vie normale d’une dame de 80 ans, et nous sommes tous très angoissés. »

Les personnes ayant reçu une injection de Covishield peuvent éventuellement la compléter avec une dose d’AstraZeneca, qui a la même formule. Mais à ce jour, l’Argentine n’a reçu aucunes des 22 millions de doses achetées au groupe suédo-britannique.

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