Revue de presse des Amériques

À la Une: le président du Salvador répond aux condamnations internationales

La nouvelle Assemblée nationale du Salvador acquise au président Bukele a révoqué dix juges de la Cour suprême ainsi que du Procureur général. Ces derniers ont été remplacés par des partisans du président, ce que les États-Unis et l'Union européenne ont condamné.
La nouvelle Assemblée nationale du Salvador acquise au président Bukele a révoqué dix juges de la Cour suprême ainsi que du Procureur général. Ces derniers ont été remplacés par des partisans du président, ce que les États-Unis et l'Union européenne ont condamné. © AFP/Stanley Estrada/File

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« Des voix du monde entier ont exprimé leur inquiétude », résume l’éditorialiste d’El Mundo, après la révocation samedi par la nouvelle Assemblée nationale acquise au président de dix juges de la Cour suprême ainsi que du procureur général. Ces derniers ont été remplacés par des partisans de Nayib Bukele. À la suite de condamnations américaines et européennes, le président salvadorien a convoqué lundi 3 mai le corps diplomatique. La Prensa Grafica explique que Nayib Bukele a accusé ces diplomates de « mal informer leurs pays » et leur a demandé « de quel côté » ils se trouvaient, avant de détailler sa « version des faits ». Selon le président, il « n’y a rien à condamner », car les personnes révoquées « avaient adopté des décisions arbitraires » ou étaient « proches de l’opposition ».

Le quotidien précise que ce passage de savon, qui était censé rester privé, a été diffusé intégralement le lendemain sur la chaîne de télévision nationale au grand regret de l’ambassadeur chilien ou du représentant de l’Union européenne. « Merci président Bukele, écrit ce dernier sur Twitter, de mettre sur la chaîne nationale une réunion privée ». Pour El Mundo, l’image du Salvador a été écornée. « Le gouvernement et le parti au pouvoir semblent déterminés à ne pas écouter [ces diplomates], et le président a clairement fait savoir qu’il ne reviendrait pas sur sa décision ni sur les décisions qu’il s’apprête à prendre dans les prochains jours ». L’Assemblée nationale siège à nouveau ce mercredi 5 mai et pourrait procéder à de nouvelles destitutions. 

Rupture avec les États-Unis ?

La Prensa Grafica note aussi le serrage de vis des États-Unis. L’ambassadeur américain est le seul à ne pas avoir répondu à la convocation de Nayib Bukele. Lors de la conférence annuelle de Washington sur les Amériques mardi, la vice-présidente des États-Unis Kamala Harris a appelé à une réponse à la situation au Salvador.

El Mundo note que les préoccupations sont bipartisanes, et s’inquiète des « appels à cesser la coopération bilatérale ». « Il s’agit de notre principal partenaire commercial, note l’éditorialiste, et (...) la principale source de remesas (des transferts de fonds des Salvadoriens vers leur pays d’origine, ndlr), qui sont vitales pour notre survie ».

Colombie : comment « refermer la boîte de Pandore » ?

En Colombie, alors que de nouvelles protestations sont attendues mercredi, l’ONU, l’Union européenne et les États-Unis ont appelé au calme et dénoncé la répression du mouvement. On compte déjà une vingtaine de morts et des centaines de blessés. La plupart de la presse appelle au calme ce mercredi, à l’image d’El Espectador. « Ce qui était une manifestation pacifique (...) a atteint un niveau de violence et de vandalisme (...) inacceptable, que nous condamnons ». Même volonté d’apaisement dans El Tiempo, pour qui toutes les parties doivent rejeter la violence. Pour El Pais, journal de Cali, « il est temps de défendre les institutions » face à « ce qui a cessé d’être un mouvement social ».

Pour « refermer la boîte de Pandore », El Espectador ne croit pas à la répression ni à la militarisation, mais à un « dialogue ouvert », qui inclurait « toutes les forces politiques et sociales sans exception, y compris, bien sûr, ceux qui protestent ». « La rue a parlé et sa voix doit être au centre de cette table », sinon ce serait « laisser la porte ouverte à l’anarchie ». Pour El Tiempo, les manifestants et l’opposition « doivent reconnaître les signes positifs d’ouverture » que le président Duque a envoyés.

Nicaragua : un organe de contrôle des élections aux ordres ?

Au Nicaragua, quelques mois avant les élections générales, un Conseil suprême électoral controversé a été approuvé mardi par le Parlement, dominé par les partisans du président Daniel Ortega.

Pour Confidencial, c’est simple : le Parlement ouvre les portes à une nouvelle fraude électorale, en approuvant des magistrats uniquement issus des rangs du camp Ortega et de ses alliés, ainsi que des réformes électorales « qui maintiennent l’avantage du Front sandiniste aux élections ». Aucun candidat proposé par la plateforme de l’opposition n’a été pris en compte.

Brésil : le célèbre humoriste Paulo Gustavo est décédé

Paulo Gustavo a succombé au Covid19 à seulement 42 ans, écrit O Globo. C’était l’un des humoristes les plus populaires au Brésil, connu notamment pour ses « personnages inoubliables au théâtre, à la télévision et au cinéma », notamment Dona Herminia. Cette mère colérique et touchante, qu’il jouait lui-même, est le personnage central du blockbuster Ma mère est un cas.

L’épisode le plus récent de la trilogie, sorti en 2019, constitue même le plus grand succès pour une comédie au Brésil. Paulo Gustavo « était hospitalisé depuis le 13 mars », explique O Globo. « Dimanche, quelques heures après s’être réveillé et avoir interagi avec son mari, l’acteur a été victime d’une embolie, dont il n’a pas pu se remettre ».

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