Reportage

Élections locales britanniques: en Écosse, la reprise économique d'abord

Nicola Sturgeon lors de sa campagne à Giffnock, à l'ouest de Glasgow, en Écosse, le 28 avril 2021.
Nicola Sturgeon lors de sa campagne à Giffnock, à l'ouest de Glasgow, en Écosse, le 28 avril 2021. REUTERS - POOL

Les électeurs britanniques se rendent aux urnes ce jeudi 6 mai pour les élections locales. En Écosse, il s’agit de renouveler le Parlement d’Édimbourg. La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon espère décrocher une large majorité pour réclamer un nouveau référendum sur l’indépendance au gouvernement de Boris Johnson. Mais pour les Écossais, le calendrier est loin d’être idéal. Reportage à Glasgow, la plus grande ville d’Écosse qui a voté massivement en faveur de l’indépendance en 2014.

Publicité

Avec notre envoyée spéciale à Glasgow, Muriel Delcroix

Depuis la réouverture des pubs fin avril, les habitants de Glasgow ont réinvesti les terrasses malgré le froid piquant. La ville est un bastion indépendantiste, le fief de Nicola Sturgeon, et beaucoup d’habitants vont voter SNP. Le propriétaire du Thornwood Bar, Mark Ferrier, aspire lui aussi à une Écosse libre mais pas maintenant : « Pour nous, le plus important c’est le pub, on a entre 15 et 20 employés et on doit protéger leurs emplois. Ma femme a été licenciée en octobre. Ce dont on a besoin, c’est d’une reprise économique solide, indépendance ou pas. »

À ses côtés, son beau-frère et associé Fraser Hamilton avoue avoir été échaudé par le Brexit. « S’il y avait un référendum sur l’indépendance, dit-il, je ne sais pas encore ce que je voterais. Vu comment s’est passé le Brexit, je me fais plus de soucis sur les possibles conséquences de l’indépendance. J’aimerais qu’on nous présente une méthode, une feuille de route sur la façon d’y arriver, si c’est ce que les gens veulent… »

Si l’idée d’une Écosse libre continue à séduire dans l’absolu de nombreux électeurs, le Brexit et la pandémie sont venus rebattre les cartes, et tout en focalisant sa campagne sur un second référendum, le SNP a dû ronger son frein et ne l’envisage plus désormais que dans 2 ou 3 ans.

► À lire aussi : Les indépendantistes écossais visent la majorité absolue lors des législatives

Le Brexit, enjeu majeur dans la campagne


C’est l’espoir et l’argument majeur de campagne des indépendantistes écossais : avec une victoire, l’engagement d’obtenir un nouveau référendum sur l’indépendance. Boris Johnson a beau répéter qu’il s’y oppose, le Premier ministre ne pourra pas y échapper, c’est ce que répète leur leader actuellement au pouvoir. Nicola Sturgeon qui fait miroiter aux Écossais, très majoritairement contre le Brexit, une indépendance suivie d’un retour dans le giron européen.

Auréolée de ce qui est perçu comme une bonne gestion de la pandémie, la cheffe du SNP risque pourtant d’avoir du mal à emporter seule la majorité. Les déchirements dans son camp ont fait des dégâts. Pour rester au pouvoir, Nicola Sturgeon devra alors compter sur le parti de son ancien mentor devenu adversaire, mais aussi sur les écologistes. 
 

La seule fois où le SNP a remporté une majorité au Parlement écossais remonte à 2011. Le Premier ministre britannique de l'époque, David Cameron, avait cédé à la pression et accepté la tenue d'un référendum d'indépendance en 2014. À l'issue du dépouillement, le « non » l'avait emporté à 55% des suffrages exprimés.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail