Mexique: une maire arrêtée, soupçonnée d'être impliquée dans l'enlèvement d'une militante

Une manifestation contre les disparitions forcées au Mexique.
Une manifestation contre les disparitions forcées au Mexique. peacebrigades.c

Vendredi 7 mai, l'enquête sur une affaire de disparition a mené à l’arrestation de la maire d’une petite ville du sud du Mexique, issue du même parti que le président Obrador.

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Avec notre correspondante à Mexico, Emmanuelle Steels

L’enlèvement d’une militante à la double nationalité mexicaine et britannique, Claudia Uruchurtu, avait fait grand bruit fin mars au Mexique. Les soupçons s’étaient immédiatement porté sur la maire de la ville de Nochixtlán, dans l’État de Oaxaca, accusée de corruption par celle qui reste aujourd’hui disparue. Vendredi, la maire Lizbeth Victoria Huerta a été arrêtée dans le cadre de cette enquête.

C’est l’un des 20 000 cas de disparitions survenus en deux ans et demi sous le gouvernement d’Andrés Manuel López Obrador. La cartographie des disparitions est aussi celle de la narcoviolence : ce sont les mêmes régions où surviennent les affrontements et exécutions qui portent la marque du crime organisé ou des forces de sécurité, et où de nombreuses fosses clandestines ont été découvertes. Dans le petit État du Colima, sur la côte Pacifique, 60 personnes auraient disparu entre mars et avril selon les organisations civiles, sur une population de seulement 700 000 habitants.

Dans la plupart de ces régions, des collectifs de proches de disparus mènent directement les recherches, lassés d’attendre le résultat d’enquêtes qui aboutissent rarement.

Au Mexique, plus de 85 000 personnes sont toujours déclarées officiellement disparues, un phénomène qui est étroitement lié aux pratiques violentes du crime organisé et des milieux politiques. Beaucoup de ces crimes sont considérés comme des disparitions forcées, qui impliquent la participation d’autorités. Le président Andrés Manuel López Obrador s’était engagé à intensifier les recherches et à lutter contre l’impunité des disparitions, mais sous son mandat, depuis fin 2018, le fléau n’a pas été contenu.

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