Revue de presse des Amériques

À la Une: rencontre entre le président et les contestataires en Colombie

Le président colombien, Ivan Duque, lors d'un discours télévisé annonçant le retrait du projet de loi sur la réforme fiscale, à Bogota, le 2 mai 2021.
Le président colombien, Ivan Duque, lors d'un discours télévisé annonçant le retrait du projet de loi sur la réforme fiscale, à Bogota, le 2 mai 2021. via REUTERS - COLOMBIA PRESIDENCY

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Alors que s'ouvrent ce lundi à Bogota les rencontres entre Ivan Duque et les manifestants et grévistes, quelles sont les attentes exprimées dans la presse colombienne aujourd'hui ? El Universal pointe d'abord l'incompréhension profonde - non seulement du président colombien mais de l'ensemble de la classe politique du pays - face au mouvement de contestation qui s'exprime dans les rues depuis bientôt deux semaines. « Cette incompréhension rend le dialogue difficile », estime l'éditorialiste. « Il ne semble d’ailleurs pas judicieux d'expliquer ce qui se passe à partir des mêmes analyses que d'habitude. Il y a quelque chose de plus sous-jacent aux manifestations persistantes du mécontentement populaire. Ces manifestations échappent désormais aux dirigeants politiques, syndicaux et sociaux et développent une dynamique propre », constate le quotidien.

« C'est une spirale d'autodestruction dans laquelle des Colombiens se battent contre des Colombiens », s'inquiète Semana. Pour l’hebdomadaire « le dialogue constitue la seule chance de trouver une sortie de crise. Et le premier acte de responsabilité doit être l'appel de tous à un arrêt immédiat des violences ».

Certains journaux s'inquiètent ce matin de l'attitude inflexible du chef de l'État. « Si Ivan Duque ne parvient pas à négocier et à instaurer un climat de confiance et d'harmonie la situation ne peut que s'envenimer », prévient El Espectador. El Tiempo salue au contraire la fermeté du président. Ivan Duque qui a ordonné, à quelques heures du début du dialogue, la levée des barrages qui provoquent des pénuries en tout genre et empêchent l'acheminement de médicaments et de vaccins en pleine troisième vague de Covid. Le journal insiste aussi sur l'importance des maires et des gouverneurs. Pendant que le chef de l'État rencontre les délégations des manifestants, les élus locaux et régionaux doivent « se concentrer pleinement sur les négociations avec les protestataires qui tiennent les barricades ». Si les élus ne parviennent pas à persuader les manifestants d'abandonner les barrages, « le gouvernement a l'obligation de recourir aux outils que la Constitution lui accorde pour garantir la prévalence de l'intérêt général », prévient El Tiempo.

Le Salvador enverra des doses de vaccin anti-Covid à sept villes au Honduras voisin

L'annonce a été faite ce dimanche par le président sur Twitter, rapporte le journal El Salvador. Nayib Bukele a déclaré que le ministre de la Santé allait recevoir les maires de sept localités honduriennes ce mardi pour finaliser le transfert des vaccins. Le chef de l'État salvadorien insiste sur le fait que ce don n'affectera en rien le rythme des vaccinations au Salvador. « Les envois programmés de vaccins que nous allons recevoir nous laissent une marge suffisamment large pour en donner ».

Nayib Bukele répond ainsi favorablement à une demande formulée en fin de semaine dernière par sept maires d'opposition honduriens. Ces sept élus accusent leur gouvernement d'être incapable de gérer la crise sanitaire. Le Honduras, avec ses près de 10 millions d'habitants, n'a reçu à ce jour qu'à peine 250 000 doses. Dans les colonnes du journal hondurien El Heraldo, les sept maires en question remercient Nayib Bukele pour sa réponse rapide à leur demande. De son côté, le Wall Street Journalfait remarquer qu'avec ce geste de générosité le président du Salvador a saisi une occasion pour redorer son blason, pile une semaine après la destitution anti-constitutionnelle des juges de la Cour suprême par sa toute nouvelle majorité au parlement salvadorien. Cette destitution a suscité une vague d'indignation sur la scène internationale et des craintes de voir le Salvador de Nayib Bukele prendre le chemin d'une dictature.

Brésil : Jair Bolsonaro s’offre un bain de foule à l’occasion de la fête des mères

Au Brésil, pour célébrer la fête des mères, le président Jair Bolsonaro a eu l'idée de faire un tour dans le centre-ville de Brasilia, entouré de plusieurs centaines de motards. En pleine deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 et alors que sa mauvaise gestion de la crise sanitaire est sous la coupe d'une commission d'enquête parlementaire, Jair Bolsonaro a serré des mains, s'est pris en photo avec ses partisans, le tout sans masque, rapporte Correio Baziliense. Et le président d'en profiter pour exprimer à nouveau son opposition virulente à toute forme de restriction sanitaire : « Vous pouvez en être sûrs : mon armée ne descendra jamais dans la rue pour vous empêcher de sortir de chez vous ».

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