Revue de presse des Amériques

À la Une: échec des négociations de grève en Colombie

Un couple brandit un drapeau colombien lors d'une nouvelle manifestation contre le gouvernement organisée dans le cadre d'une grève nationale déclenchée par une réforme fiscale désormais abandonnée, à Bogota le 10 mai 2021.
Un couple brandit un drapeau colombien lors d'une nouvelle manifestation contre le gouvernement organisée dans le cadre d'une grève nationale déclenchée par une réforme fiscale désormais abandonnée, à Bogota le 10 mai 2021. AFP - JUAN BARRETO

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Le principal collectif de la mobilisation sociale a appelé à de nouvelles manifestations et grèves demain mercredi 12 mai 2021. Il considère que la rencontre de mardi avec le président Ivan Duque, qui avait pour objectif de désamorcer la crise, est un échec. Selon la presse, le gouvernement se veut néanmoins optimiste. Il se dit prêt à mettre en place un processus de négociation avec les représentants des manifestants, alors qu’il parlait jusqu’à présent de dialogue. Un processus soutenu par l’église catholique et les Nations Unies, selon El Tiempo. Le journal souligne qu’effectivement la première rencontre s’est soldée par un échec mais qu’aucune des deux parties n'a fermé la porte à de nouvelles discussions. En attendant, le collectif a convoqué la population à une nouvelle journée de mobilisation et de grève, sans doute pour maintenir la pression sur le gouvernement.

« La folie du collectif de la grève »

Le gouvernement qui fait d’ailleurs un pas en direction des manifestants en déclarant qu’il doit garantir la sécurité de chaque citoyen dans le respect des droits de l’homme. Une référence aux critiques exprimées par les manifestants et une partie de la communauté internationale concernant la répression violente des forces de l'ordre. Parmi les exigences du collectif qu’El Tiempo publie dans son intégralité figure la « fin de la violence contre les personnes », mais aussi le retrait du projet de loi sur la réforme du système de santé. L’hebdomadaire Semana de son côté titre sur la « folie du collectif de la grève ». Après 13 jours de violences, de vandalisme et de blocages de routes, le journal met en garde contre une dérive dangereuse du mouvement de protestation. Un mouvement qui suscite toutefois de l’intérêt en Argentine. Des délégations étudiantes et syndicales ainsi que des députés argentins se rendront en Colombie cette semaine pour soutenir les manifestants contre les violences policières. C'est à lire dans Pagina12

Vives inquiétudes à Washington après la cyberattaque contre Colonia Pipeline

Aux États-Unis, l’actualité est dominée par le piratage informatique de l’un des plus grands opérateurs d’oléoducs dans le pays. Selon le FBI l’auteur de cette cyberattaque est le groupe criminel Darkside, un groupe implanté en Europe de l’Est. Ce piratage informatique a montré « l’incroyable vulnérabilité de l’un des secteurs clés des infrastructures du pays », écrit le New York Times. Le FBI, la police fédérale, est visiblement très inquiet que ce genre de cyberattaques pourrait se poursuivre  et mettre en danger le fonctionnement d’autres compagnies du secteur énergétique. Ce qui pourrait à terme menacer l’approvisionnement en pétrole ou en gaz d’une partie du pays.

Qui sont les pirates informatiques de Darkside ?

D’après le New York Times, qui cite des sources du FBI, ce groupe opère depuis l’Europe de l’Est, il est peut-être implanté en Russie. L’objectif des auteurs de cette cyberattaque serait purement monétaire : extorquer de l’argent à la compagnie Colonia Pipeline via un rançongiciel que ce groupe aurait commencé à développer en août dernier. En fait, la cyberattaque ne visait pas le système de contrôle de l’oléoduc mais des opérations jugées secondaires. Mais par peur que le virus informatique n'infecte le cœur du système d’exploitation, Colonia Pipeline a décidé de fermer complètement son oléoduc pendant 4 jours, selon le New York Times.

L’éviction de Liz Cheney, « le prix à payer pour défendre la vérité »

Autre sujet très développé par la presse nord-américaine : les tensions au sein du parti républicain. Demain, la députée Liz Cheney, la numéro trois du parti à la Chambre des représentants, pourrait perdre son poste de « conference chair » pour avoir critiqué l’ex-président. Le journal canadien Le Devoir consacre une longue analyse à cette éviction annoncée, « le prix à payer pour défendre la vérité », selon le quotidien. Car Liz Cheney s’était toujours « opposée à Donald Trump et ses accusations non fondées de fraude électorale afin d’expliquer sa défaite en novembre dernier ». Ce qui est préoccupant, poursuit le journal québécois, c’est que cette sanction « redonne de la vigueur au grand mensonge voulant que Joe Biden ait volé le scrutin… ». Selon Le Devoir, l’adhésion à cette « réalité alternative » prend désormais la forme d’un serment d’allégeance à l’ex-président. Et ce alors que « la promotion de ce mensonge représente une menace tant sur la démocratie américaine que sur la confiance des citoyens envers les institutions publiques du pays ». Le problème, selon le journal, c’est que les élus républicains ne croient peut-être pas à ce mensonge mais ils sont obligés d’en faire la promotion afin de s’assurer leur survie politique au sein du parti. Un parti plus que jamais sous l’emprise de Donald Trump selon Le Devoir.

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