Revue de presse des Amériques

À la Une: en Équateur, le président de l’unité?

Le nouveau président équatorien Guillermo Lasso a prononcé un discours lors de son investiture à l'Assemblée nationale à Quito.
Le nouveau président équatorien Guillermo Lasso a prononcé un discours lors de son investiture à l'Assemblée nationale à Quito. © Ecuador's National Assembly/AFP

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Guillermo Lasso a officiellement été investi président de l'Équateur, lundi, à Quito. Premier président de droite depuis 14 ans, il a promis l'ouverture du pays au libre-échange. Un « discours, réfléchi et parfois émouvant », commente El Universo. « Il veut changer l'histoire », écrit pour sa part La Hora en une. Le quotidien note que, dès le premier jour de son mandat, le nouveau président a signé un décret qui rend inapplicable « la loi organique de la communication » qui depuis 14 ans permettait une « persécution implacable de la liberté d'expression ». Le nouveau président soutient, ajoute El Universo, que la persécution politique en Équateur est terminée : « Je ne suis pas venu pour satisfaire la haine de quelques-uns, mais la faim du plus grand nombre », a-t-il déclaré.

La Hora donne le bénéfice du doute au chef de l’État équatorien. Le journal rappelle que pendant la campagne il a clairement affiché son rejet du projet politique de Guillermo Lasso. Avec ces premiers décrets « qui concrétisent ses promesses de campagne [il] promet liberté, opportunités et honnêteté. Avec un œil critique et vigilant, nous le prenons au mot », avance l'éditorialiste. « Le nouveau dirigeant prend le pouvoir au milieu d'un réveil des citoyens », ajoute Expreso, journal de Guayaquil. Mais ces citoyens ont exprimé avec force « leur rejet de toute action qui irait à l'encontre de la lutte promise contre la corruption et l'impunité ».

Massacre au Pérou en pleine campagne électorale

Au Pérou, 18 personnes, dont deux enfants, ont été abattues dimanche soir dans un bar de San Miguel del Ene, dans la vallée Vraem, appelée « vallée de la drogue » par le média péruvien Ojo Publico. « Un massacre terrifiant », titre l'éditorialiste d'El Comercioce mardi, qui « nous ramène brusquement à la pire époque du terrorisme ». Il « nous rappelle que l'ennemi n'a jamais été complètement vaincu ». Les forces armées attribuent ces meurtres au Sentier lumineux, une guérilla maoïste qui a conservé une certaine influence dans cette région. Ojo Publico précise toutefois que la faction présumément responsable de la tuerie a pris ses distances avec le Sentier Lumineux il y a plus de 10 ans, pour se transformer en groupe narcoterroriste.

Pour le journal péruvien La Republica, ce massacre « jette une ombre sur le processus électoral (...) à un moment d'énorme instabilité politique due à la polarisation autour des élections du 6 juin ». D'autant plus que des tracts ont été retrouvés autour des corps qualifiants de « traitres » tous ceux qui voteraient pour la candidate de droite au second tour de la présidentielle, Keiko Fujimori. El Comercio déplore d'ailleurs que certains représentants politiques aient tenté d’instrumentaliser le drame « au lieu de serrer les rangs avec le reste de la population ». Des constructions « absurdes et peu crédibles », écrit encore La Republica.

Colombie : les blocages forcent la mine de Cerrejon à fermer

En Colombie, la mine de Cerrejon, plus grande mine de charbon à ciel ouvert d'Amérique latine, a été forcée de fermer ses portes dimanche pour cause de « force majeure », explique le quotidien colombien La Republica. En raison des blocages de routes et du blocage de la ligne de chemin de fer, impossible de se procurer le carburant essentiel pour faire tourner la mine. Le transport du charbon est aussi devenu impossible. Les contrats des employés ont été temporairement suspendus.

États-Unis : Las Vegas mise tout sur la vaccination

« La semaine dernière, les autorités locales ont annoncé en fanfare que le comté de Clark [où se situe Las Vegas], lèverait toutes les restrictions liées à la pandémie le 1er juin », écrit le Washington Post. Pourtant, son objectif de départ (rouvrir quand 60% de la population serait vaccinée) est loin d'être atteint. Pour accélérer le rythme, la ville a mis en place de nombreuses mesures incitatives : vaccination dans les clubs de strip-tease avec lap-dance et bouteilles à la clé ou encore loteries et places de spectacles offertes aux salariés vaccinés des casinos. Le but est que tout soit prêt pour le 8 juin, date du début de World of Concrete, une convention dédiée à l'industrie de la construction. C'est un grand test, car cette convention est le premier grand évènement organisé aux États-Unis depuis de longs mois. Si tout se passe bien, d'autres villes pourraient imiter Las Vegas, dont la survie dépend en partie de l’organisation de ces grandes conventions.

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