Racisme au Québec: fin des audiences sur la mort d'une mère autochtone à l'hôpital

Banderole dans une manifestation en soutien à Joyce Echaquan, mère autochtone victime de racisme avant son décès à l'hôpital, le 3 octobre 2020 à Montréal.
Banderole dans une manifestation en soutien à Joyce Echaquan, mère autochtone victime de racisme avant son décès à l'hôpital, le 3 octobre 2020 à Montréal. AFP - ERIC THOMAS

Le 28 mai, des recherches ont détecté la présence de plus de 200 corps d’enfants autochtones en Colombie-Britannique dans l’Ouest canadien, scolarisés de force entre la fin du XIXe siècle et les années 1960. Au Québec, c’est le décès à l’hôpital d’une mère de 7 enfants d’origine autochtone qui déclenche l’indignation. Des audiences pour comprendre sa mort se terminent aujourd’hui. Depuis plus de deux semaines, le personnel soignant, la famille, des experts défilent à la barre pour raconter les derniers instants de Joyce Échaquan et proposer des recommandations pour qu’un tel drame ne se reproduise pas.

Publicité

De notre correspondante à Montréal,

La mort de Joyce Échaquan en septembre dans un hôpital du centre du Québec a eu un énorme retentissement, en grande partie parce que cette femme à la santé fragile a filmé en direct son agonie et l’a diffusée sur Facebook. Grâce aux différents témoignages au cours des audiences, le public a appris que son décès aurait pu être évité, ce qui a suscité une plus grande indignation encore.

Cette patiente, qui prenait beaucoup de médicaments anti-douleur, a été diagnostiquée à tort comme une droguée en état de manque, et elle a été admise trop tard en réanimation. L’enregistrement que Joyce Echaquan a fait sur son lit d’hôpital témoigne aussi des insultes qu’elle a subies et du mépris des infirmières autour d’elle, seulement parce qu’elle était autochtone. 

Comment expliquer une telle attitude et un tel manque de soins ? Le tragique exemple de cette autochtone Attikamekw symbolise le racisme que subissent les membres des Premières nations et les Inuits lorsqu’ils ont besoin de services publics. Un véritable fossé d’incompréhension existe entre les descendants des premiers occupants du pays, et le personnel de la santé majoritairement blanc.

► À lire également : Au Québec: dans "l'Affaire Camara", la police accusée de «racisme systémique»

Situation au point mort

L’hôpital où Joyce Échaquan est décédée a déjà fait l’objet de nombreuses plaintes d’autochtones, sans que cette institution ne prenne de mesures adéquates. Même s’il y a deux ans une commission d’enquête a recommandé que les services publics se préoccupent davantage de cette population particulière, la situation semble toujours au point mort.

Dans ce cas-là, quel impact ces audiences vont-elles avoir ? Cette fois-ci peut-être, le résultat sera différent car le manque de soins que dénoncent les autochtones et les mauvais traitements ont désormais un nom et un visage. Sur l’enregistrement qu’elle a fait à l’hôpital, on entend clairement les insultes qu’elle a subi dans ces derniers instants.

Comme l’a dit un des responsables de la Communauté attikamekw, il faut que cela s’arrête. Pris à parti, le gouvernement du Québec refuse d’expliquer ces drames par un racisme érigé en système. Par contre, les autorités débloquent des fonds pour mettre en place des cliniques médicales en milieu urbain, adaptées à la réalité autochtone.

À lire aussi : Injures racistes au Canada: la famille de 'Amérindienne décédée attaque en justice 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail