Découverte de 215 corps d’enfants autochtones: les réseaux sociaux relaient l'indignation du Canada

Rassemblement le 2 juin 2021 à proximité du pensionnat autochtone de Kamloops, dans l'ouest du Canada, après la découverte des restes de 215 enfants autochtones.
Rassemblement le 2 juin 2021 à proximité du pensionnat autochtone de Kamloops, dans l'ouest du Canada, après la découverte des restes de 215 enfants autochtones. REUTERS - JENNIFER GAUTHIER

Au Canada, la nouvelle de la découverte de 215 corps d’enfants autochtones dans des tombes non identifiées à proximité d’un pensionnat a semé la consternation. En effet, les familles de ces écoliers arrachés à leur milieu autochtone tout au long du XXe siècle n’ont jamais été prévenues de leur disparition. Une histoire qui s’est répétée à l’échelle de tout le Canada où 130 pensionnats étaient en fonction pour scolariser les enfants des Premières nations et des Inuits. 

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De notre correspondante

Beaucoup d’utilisateurs du réseau Facebook au Canada ont adopté le profil orange, couleur de l’hommage aux enfants des anciens pensionnats autochtones, avec le nombre 215 qui rappelle le nombre de corps identifiés à Kamloops, en Colombie-Britannique. La photo d’une octogénaire, scolarisée de force dans cette école dans les années cinquante, a beaucoup circulé. Sur son tee-shirt, elle a écrit qu’elle a survécu, contrairement aux 215 enfants qui reposent dans des tombes non identifiées.

Des articles, des rapports d’enquêtes, relayés dans de nombreuses publications, rappellent que plusieurs milliers d’enfants enlevés à leurs familles autochtones manquent à l’appel. Nombreux sont ceux qui ont été battus, violés, ou qui ont succombé à la malnutrition ou à des épidémies de maladies infantiles dans des pensionnats religieux.

Un passé douloureux et méconnu

Ces établissements visaient à assimiler les enfants des Premières nations et les Inuits à la majorité blanche en niant leur culture et en leur inculquant les valeurs occidentales. Ceux qui sont revenus de ces écoles, meurtris et blessés à tout jamais, témoignent de leurs traumatismes sur les médias sociaux. Ils racontent leurs traumatismes pour qu’enfin leurs concitoyens connaissent la vérité.

Beaucoup de Canadiens découvrent l’ampleur de ce triste épisode de l’histoire canadienne. Plusieurs citoyens ont disposé des centaines de chaussures d’enfants devant des églises pour rappeler les nombreux écoliers qui n’ont jamais pu retrouver leurs parents. Une jeune fille, sur Tiktok, a choisi elle d’écrire une nouvelle version de l’hymne national. Elle chante sa honte de vivre dans un pays qui a commis de tels abus.

Prendre la parole, plus que jamais

Si plusieurs autochtones saluent la main tendue de ces alliés, d’autres les mettent en garde contre d’éventuelles tentatives de prendre la parole à leur place. Ils veulent saisir l’occasion de réveiller leurs contemporains, en s’exprimant eux-mêmes. Un guide circule même sur les réseaux sociaux pour expliquer aux non-autochtones comment s’informer sur la réalité des Premières nations plutôt que d’uniquement s’apitoyer sur leur sort. 

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