Nicaragua: un deuxième candidat à la présidentielle arrêté en une semaine

À cinq mois de l'élection présidentielle du 7 novembre, Daniel Ortega, qui occupe le fauteuil depuis 14 ans, semble vouloir empêcher les candidatures des principaux opposants.
À cinq mois de l'élection présidentielle du 7 novembre, Daniel Ortega, qui occupe le fauteuil depuis 14 ans, semble vouloir empêcher les candidatures des principaux opposants. INTI OCON AFP/Archivos

Après l’arrestation de Cristiana Chamorro, c’est au tour d’Arturo Cruz, ancien diplomate et également fils d’une figure politique locale, d’être à son tour incarcéré. À cinq mois des élections du 7 novembre, le président Ortega fait pression pour empêcher l’opposition de se fédérer.

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À cinq mois de l'élection présidentielle du 7 novembre, Daniel Ortega, qui occupe le fauteuil depuis 14 ans, semble vouloir empêcher les candidatures des principaux opposants. Arturo Cruz a été arrêté samedi 5 juin à l’aéroport de Managua, alors qu’il revenait des États-Unis, deux mois après avoir annoncé son intention de se présenter. Il « fait l'objet d'une enquête de la police nationale car il y a de forts indices qu'il ait attaqué la société nicaraguayenne et les droits du peuple », a affirmé le ministère public.

C'est la deuxième arrestation d'un candidat à l'élection présidentielle en une semaine. Mercredi, Cristiana Chamorro, fille de l’ancienne présidente Violeta Chamorro, qui avait annoncé son intention de se présenter, avait été interpellée. Elle est depuis assignée à résidence.

Une loi sur mesure

Les deux futurs candidats ont été arrêtés dans le cadre de la loi « Défense des droits du peuple à l’indépendance, la souveraineté et l’autodétermination pour la paix ». Une loi adoptée en un temps record en décembre dernier et qui empêche de se présenter à des élections tous ceux que le régime sandiniste considère comme des « traîtres à la patrie ».

Arturo Cruz, 67 ans, a été placé en détention préventive pour 90 jours, le temps que l’enquête avance, selon le procureur. Une affaire qui pourrait bien durer jusqu’à la date butoir pour déposer les candidatures aux élections et qui a été dénoncé par l’Alliance citoyenne pour la liberté, le parti sous la bannière duquel Arturo Cruz entendait se présenter. 

La principale force d’opposition au Nicaragua se dit prête à trouver d’autres candidats alors que Rosario Murillo, la vice-présidente du pays, qui est également l’épouse du président Daniel Ortega, ne cache pas les intentions des autorités : les opposants sont « de mauvais enfants du Nicaragua et nous ne les laisserons pas attaquer les droits du peuple ».

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