Affaire Maradona: début des auditions sur les circonstances de la mort de l’idole du football

Un hombre y siu hija lloran la muerte de Diego Maradona cerca del Obelisco, Buenos Aires, el 25 de noviembre
Un hombre y siu hija lloran la muerte de Diego Maradona cerca del Obelisco, Buenos Aires, el 25 de noviembre RONALDO SCHEMIDT AFP/Archivos

Le parquet argentin, qui enquête sur la mort de l'idole du football Diego Maradona, entame lundi 14 juin les interrogatoires de première comparution des sept personnels soignants soupçonnés de l'avoir « abandonné » à une lente agonie et qui risquent un renvoi devant un tribunal.

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Avec notre correspondant à Buenos Aires, Georges Quirino

Les enquêteurs estiment que les sept membres de l’équipe médicale mis en examen depuis le 19 mai dernier ont tous « enfreint les devoirs qu’ils avaient chacun à leur charge ». Pour étayer ces accusations, le parquet s’appuie sur des documents saisis pendant l’investigation et surtout sur un rapport d’experts médicaux indépendants.

Ces derniers avaient conclu que Maradona, décédé d’une crise cardiaque, avait été « abandonné à son sort » par son équipe soignante. Son traitement a été jugé « inadéquat, déficient, imprudent » et conduit à une lente agonie. Avant ces auditions, le parquet considère que ces personnes qui étaient à la charge de la santé de l’ancien numéro 10 n’ont rien fait pour empêcher sa mort quand elle s’est précisée. Ils encourent des peines de prison allant de 8 à 25 ans.

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Des auditions très attendues en Argentine 

Pendant deux semaines, le parquet de San Isidro, situé à une dizaine de kilomètres au nord de Buenos Aires, va devenir l’un des centres de l’attention médiatique. À la mi-journée, devant une nuée de caméras, Ricardo Almiron a été le premier à se présenter. Il était l’un des deux infirmiers en charge de la santé du Pibe de Oro, le dernier à l’avoir vu en vie. L’homme âgé de 40 ans est soupçonné de ne pas avoir correctement assisté l’ancien joueur le jour et la veille de son décès. Présent pour cette première journée d’audition : Mario Baudry, l’avocat du plus jeune fils de Maradona, Diego Fernando…

« Nous espérons entendre la vérité… que chacun raconte ce qu’ils considèrent de sa responsabilité. On verra que faire ensuite. Nous sommes ici avant tout pour écouter. Toutes les questions que l’on se pose sont dans le rapport d’enquête », a déclaré Maître Mario Baudry.

Parmi les sept personnes mises en examen, un homme attire particulièrement l’attention des enquêteurs : le docteur Leopoldo Luque. Le parquet le qualifie comme le médecin chargé de la santé de Maradona. Selon les enquêteurs, c’est une responsabilité qu’il assumait auprès de la famille. Le neurochirurgien de 39 ans avait participé à l’opération au cerveau de l’ancien joueur trois semaines avant sa mort.

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Les enquêteurs le soupçonnent notamment d’avoir sous-estimé des symptômes d’insuffisance cardiaque observés chez Maradona avant sa disparition. Dans l’opinion publique, l’image de Leopoldo Luque a été écornée depuis la diffusion de messages audio privés où il utilisait des mots malheureux pour définir le héros national.

Silencieux depuis octobre dernier, le médecin est sorti de son silence il y a quelques jours dans une émission très regardée du samedi soir en Argentine pour se défendre. « Moi j’étais le médecin de confiance de Diego. Diego était fatigué. Il était fatigué de tout. Tout ! Moi j’ai voulu le sauver parce que je l’aimais ! Je suis tranquille parce que j’ai fait tout mon possible. Je lui ai offert tout ce que je pouvais. Ensuite, Diego acceptait ou non. J’ai fait partie de ceux qui ont mis en place son hospitalisation à domicile. Je suis très serein », a déclaré Leopoldo Luque.

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Une affaire qui passionne les Argentins 

C’est une affaire omniprésente dans les médias. Parce que les éléments de l’enquête sortent en permanence dans les médias. Parce que les filles de Maradona réclament justice quotidiennement sur les réseaux sociaux. Parce que les avocats des différentes parties s’invitent sur les plateaux télé chaque semaine. Sur le canal d’information Cronica TV, le journaliste Leo Arias vit au rythme des rebondissements d’une enquête très suivie par les Argentins.

« Quand le thème Maradona est évoqué à l’antenne, l’audience se multiplie par deux facilement. Il y a une pression médiatique très forte parce que l’Argentin veut un responsable. L’Argentin vit tout de manière très passionnelle. Un match de foot, un procès, un combat de boxe. Alors imaginez la mort de notre idole, de notre plus grand super héros… », affirme Leo Arias 

La plupart des journalistes locaux se préparent déjà à un éventuel procès des responsables de la mort de Maradona qui, en termes de couverture médiatique, serait sans aucun doute, sans précédent en Argentine.

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