Revue de presse des Amériques

À la Une: au Canada, la conférence internationale des donateurs pour les réfugiés vénézuéliens et les migrants

Des réfugiés vénézuéliens traversent la frontière et se rendent en Colombie. (Image d'archives)
Des réfugiés vénézuéliens traversent la frontière et se rendent en Colombie. (Image d'archives) © AP/Fernando Vergara

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Le Canada accueille ce jeudi la Conférence internationale des donateurs pour les réfugiés vénézuéliens et les migrants, organisée par l'ONU. Objectif : donner de la visibilité aux 5,7 millions de réfugiés et migrants vénézuéliens, explique El Pitazo.

Car, et le journal vénézuélien cite Eduardo Stein, le représentant de l’Organisation pour les Migrations, « l’exode du Venezuela paraît sans fin, et il y a une possibilité réelle qu’il se convertisse en crise oubliée ». Autre objectif de la conférence : récolter, estime le journal, et « de manière urgente, 1,44 milliard de dollars pour assister migrants et réfugiés vénézuéliens. Pour le moment, seuls 5% de cette somme ont été engagés. »

Un nouveau mur

Pendant ce temps, pour empêcher les migrants de passer, certains construisent des murs. En tout cas, c’est l’objectif du gouverneur du Texas Greg Abott, et c’est à la Une de la presse mexicaine. Le gouverneur, titre Milenio, « annonce la construction de son propre mur frontalier, s’opposant directement à l’administration Biden ». Greg Abbott a ainsi autorisé ce mercredi le transfert de 250 millions de dollars venant du fonds pour les catastrophes, « pour commencer », car rapporter El Universal, selon le gouverneur le mur se construira aussi avec des dons, pour faire face à ce qu’il appelle une « véritable boucherie » provoquée par le flux de migrants. Greg Abott affirme que des habitants sont « menacés tous les jours par des personnes armées traversant la frontière ».

Logiquement, Milenio fait le parallèle avec les discours tenus par Donald Trump, un parallèle « tout sauf gratuit » explique le journal, « puisque Abbott et Trump visiteront ensemble la frontière avec le Mexique le 30 juin prochain ».

Mais les experts juridiques « n’estiment pas que le projet d’Abbott a beaucoup de chances d’aller à son terme », rapporte El Universal, et prévoit des recours en justice, aussi bien pour ce projet de mur que pour celui, annoncé la semaine dernière par le gouverneur, d’envoyer davantage de migrants en prison pour avoir traversé la frontière illégalement.

« Biden devrait se méfier »

Aux États-Unis, le sommet américano-russe, tellement attendu, s’est terminé hier. Les photos de Joe Biden et Vladimir Poutine sont aujourd’hui à la Une de toute la presse des États-Unis, avec non pas 50 nuances de gris, mais au moins quatre nuances de Biden / Poutine : les deux hommes se regardant de loin sans sourire à la Une du Washington Post ; s’avançant l’un vers l’autre, le bras tendu, en première page du New York Times. Ça y est, leurs deux mains se touchent à la une Wall Street Journal, et le Financial Times nous les montre enfin réunis, souriants, tournés vers le photographe.

On n’ira pas jusqu’au baiser à la russe, et si « Biden et Poutine disent leur désir d’une meilleure relation » nous explique le New York Times, le sommet aura surtout résonné de leurs disputes : « ils n’ont résolu aucuns des désaccords qui ont renvoyé les relations américano-russes à leur plus bas depuis la guerre froide ». D’ailleurs estime le journal, « avec Poutine, Biden essaye de forger un lien reposant sur les intérêts bien compris, pas sur les âmes ».

Le Washington Post estime quand même que « Biden a offert à Poutine le bénéfice du doute », et qu’il « devrait se méfier ». Le journal s’étonne que les deux hommes aient parlé de discussions « constructives », alors qu’elles n’ont pas abouti à « la fin des cyberattaques venant du sol russe (…), et la libération des citoyens américains injustement emprisonnés à Moscou ». Le Washington Post est cinglant : « la rhétorique ressemblait beaucoup à celle utilisées lors des rencontres des trois derniers présidents américains avec M. Poutine, qui a invariablement trahit ses promesses et sans cesse augmenté ses attaques contre le système politique américain et ses alliances ».

Juneteenth

Aux États-Unis, républicains et démocrates ont approuvé ce mercredi au Congrès la création d'un nouveau jour férié, le 19 juin, pour commémorer l'émancipation des derniers esclaves au Texas, en 1865. Ce sont d’ailleurs deux élus texans qui ont présenté le texte au Congrès. Un des journaux locaux, le Houston Chronicle, souligne que c’est le plus particulièrement le républicain John Cornyn qui a été le fer de lance du mouvement. Le Chronicle reprend le tweet dans lequel le sénateur rappelle que Juneteenth (contraction de « juin » et « 19 » en anglais) « a été férié au Texas depuis plus de 40 ans », et souligne : « Aujourd’hui plus que jamais, nous devons apprendre de notre histoire et continuer à former une union encore plus parfaite ».

Mais ce ne sera pas pour aujourd’hui : « Qui sont les 14 élus républicains qui ont voté contre un jour férié pour Juneteenth ? Et pourquoi ? », s’interroge USA Today. Il y a d’abord le député texan Ronny Jackson estime qu’il y a aujourd’hui suffisamment de jours fériés. Le républicain du Kentucky, Thomas Massy, estime de son côté qu’appeler ce nouveau jour férié « le jour national de l’indépendance » peut créer de la confusion et amener les Américains à choisir un des deux jours (l’autre étant le 4 juillet, N.d.A.) comme celui de leur indépendance, en se basant sur leur identité raciale ».

Le Houston Chronicle préfère de son côté rappeler que le sénateur Cornyn avait aussi rédigé en 2019, avec un député démocrate texan, un projet de loi pour réfléchir à la création d’une « Route de l’émancipation » de 51 miles (un peu plus de 80 kilomètres) entre Galveston et Houston, « la route que des familles d’esclaves libérés ont prise pour bâtir une nouvelle vie ».

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