Équateur: à Quito, dans le quotidien des migrants vénézuéliens

Un groupe de migrants vénézuéliens arrivent à Quito après un périple en car. (Illustration). Le 22 aout 2018.
Un groupe de migrants vénézuéliens arrivent à Quito après un périple en car. (Illustration). Le 22 aout 2018. AFP - RODRIGO BUENDIA

De 400 000 à 500 000 Vénézuéliens ont trouvé refuge en Équateur. C’est moins qu’en Colombie (1,5 million) ou au Pérou (1 million) mais les chiffres sont à prendre avec précaution. Certains sont repartis quand la pandémie les a réduits au chômage, mais beaucoup sont revenus. Combien, on ne sait pas car l’Équateur maintient sa frontière fermée avec la Colombie. Du coup, tous les migrants passent illégalement et on ignore leur nombre. RFI en a retrouvé certains dans les rues de Quito.

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Avec notre correspondant en Équateur, Eric Samson

Javier Herrera n’a que 24 ans mais en a déjà passé trois comme migrant en Équateur où il a travaillé comme charpentier puis videur de discothèque. La pandémie l’a renvoyé dans les rues de Quito où il nettoie les vitres des voitures qui passent.

« Celui qui vit bien, c’est celui qui a accès au dollar »

Transi de froid en ce mois de juin pluvieux, il s’acharne car sa famille restée au Venezuela a besoin d’argent. « Ma famille me dit que la situation est un peu meilleure. Avant, même si on avait de l’argent, il n’y avait rien à acheter. Aujourd’hui, il y a de la nourriture dans les magasins mais c’est cher. Celui qui vit bien, c’est celui qui a accès au dollar ».

Luis Daniel lui a trouvé un emploi stable dans une université locale. Son père est agriculteur, sa mère, professeur, gagne l’équivalent de deux euros par mois mais il a trouvé un moyen de les aider sans avoir à leur envoyer directement de l’argent. « Depuis l’Equateur, je suis un supermarché sur Instagram et je fais des courses virtuelles pour mes parents qui sont à Valencia. Ce mois-ci, j’ai dépensé 180 dollars pour des courses complètes qui dureront un mois. Je n’ai pas à envoyer l’argent à mon père, je paie directement les fournisseurs avec Paypal ».

Économie virtuelle

Dans un Venezuela où règnent officieusement le dollar et le peso colombien, une économie virtuelle, que les migrants alimentent directement grâce à leur portable, s’est donc mise en place.

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