Revue de presse des Amériques

À la Une: le Mexique, terre d’impunité pour les meurtriers de journalistes?

Un hommage au journaliste Javier Valdez lors du premier anniversaire de sa mort à Monterrey, au Mexique, en 2018. (Photo d'illustration)
Un hommage au journaliste Javier Valdez lors du premier anniversaire de sa mort à Monterrey, au Mexique, en 2018. (Photo d'illustration) Julio Cesar AGUILAR AFP/Archivos

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Il y a quatre ans, le collaborateur du journal La Jornada et de l'AFP, Javier Valdez, spécialiste des cartels de drogue, était abattu en pleine rue par des hommes cagoulés. Milenio rappelle que Juan Francisco Picos Barrueta, connu sous le nom d'El Quillo, a été jugé coupable la semaine dernière d'être le co-auteur du crime. La justice fédérale de Culiacan, dans l'Etat de Sinaloa, a donc prononcé sa peine jeudi : 32 ans et trois mois de prison. « Le bureau du procureur spécial (...) avait demandé la peine maximale, soit 50 ans de prison, mais elle n'a pas été accordée », note le journal. Pour le gouverneur de Sinaloa, cité par Noroeste, cette condamnation est en tout cas « un bon signal ».

Ce signal n’est pas suffisant pour les proches de la victime. « Pour la famille de Javier Valdez, le combat continue », écrit La Jornada qui en fait sa Une. « Cette condamnation n'est qu'un round de plus gagné, car il reste encore à traduire en justice Dámaso Lopez Serrano (...) désigné comme le cerveau de l'attentat ». Ce trafiquant de drogue aurait été contrarié par un article de Javier Valdez et aurait commandité le meurtre. Il purge pour l'instant une peine de prison aux États-Unis pour une autre affaire.

Un autre journaliste assassiné jeudi

Le même jour, un ancien maire de Chinipas, dans l'État de Chihuahua, a été condamné à huit ans de prison pour l'assassinat de Miroslava Breach Velducea, une autre journaliste de La Jornada. Elle était correspondante dans la ville de Ciudad Juarez. Ces condamnations constituent « quelques bonnes nouvelles », commente le Comité de protection des journalistes, « dans un pays où la plupart des crimes contre les journalistes restent impunis ». Ces peines ont d'ailleurs été prononcées quelques heures après l'assassinat d'un autre journaliste, Gustavo Sanchez, tué par dans l'Etat d'Oaxaca.

Le Paraguay débordé par la pandémie de Covid-19

Au Paraguay, l'épidémie de Covid-19 prend une tournure inquiétante. « Les quelque 750 lits de soins intensifs du pays sont pleins », indique Perfil. Moins de 7% de la population est vaccinée, ce qui selon le journal favorise une transmission élevée du virus. Le Paraguay « traverse le pire moment de la pandémie et les prévisions pour les semaines à venir sont sombres ».

C'est aussi à la Une d'Ultima Hora :« le nombre de morts pourrait tripler d'ici octobre ». Le journal tire ces projections de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), institut de statistique américain sur la Santé publique. Le ministère de la Santé paraguayen relaie ces informations et prévoit déjà que le système de santé ne pourra pas répondre à la vague attendue. Le Paraguay est actuellement - et devrait le rester un certain temps - le pays qui enregistre le plus grand nombre de décès au monde par million d'habitants

L’Obamacare est là pour rester ?

Aux États-Unis, la Cour suprême a refusé jeudi d'invalider la loi phare de Barack Obama sur l'assurance santé. La plus haute juridiction américaine a « encore » sauvé l'Obamacare, note le San Francisco Chronicle. C'est la troisième fois, souligne le Los Angeles Times, que la Cour valide cette loi depuis son adoption en 2010. Le journal estime au passage que la Cour suprême n'aurait jamais dû avoir à se saisir de cette affaire et critique les mauvaises décisions de droit des cours inférieures.

Pour un lobbyiste cité par le média conservateur Washington Times, cette décision est « une gifle pour tous les Américains qui se sont battus pour créer une majorité conservatrice à la Cour suprême ». « L'Obamacare est là pour rester », clame le New York Times. D'ailleurs, « les républicains au Congrès ont largement abandonné les efforts visant à abroger la loi ». Preuve en est, selon le journal, le peu de réactions d'élus républicains après la décision de la Cour jeudi.

Appel du pied de Nicolas Maduro

954 millions de dollars : c’est le montant récolté pour aider les 5,7 millions de réfugiés et migrants vénézuéliens, à l’issue de la Conférence internationale des donateurs de l'ONU, organisée jeudi à Ottawa, au Canada. Plus gros contributeur, comme l’indique El Nacional : les États-Unis. Le pays va doubler sa contribution de l'année dernière. Elle atteindra 400 millions de dollars. Cette conférence a été qualifiée de « farce médiatique » par le président vénézuélien. Nicolas Maduro accorde, en parallèle, un entretien exclusif à la chaîne américaine Bloomberg ce vendredi. Il y lance un appel public et direct à Joe Biden. Son message: « il est temps de passer un accord » pour normaliser les relations entre les États-Unis et le Venezuela. Pour l'instant, selon lui, l'administration américaine n'a envoyé aucun signal positif.

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