États-Unis: qui pour succéder à Bill de Blasio à la mairie de New York?

Des affiches de campagne lors du vote anticipé pour l'élection primaire du maire de New York au John Jay College de Manhattan, à New York, le 13 juin 2021.
Des affiches de campagne lors du vote anticipé pour l'élection primaire du maire de New York au John Jay College de Manhattan, à New York, le 13 juin 2021. REUTERS - JEENAH MOON

Bill de Blasio va quitter la mairie de New York en janvier 2022 après deux mandats successifs à la tête de la ville. Face à la multiplication des candidatures pour les primaires démocrates qui se tiennent le 22 juin, aucun favori ne se détache. Une chose est sûre : le ou la future maire sera du même bord politique dans cette ville considérée comme un bastion démocrate.

Publicité

Bill de Blasio était considéré comme un progressiste, une aile du parti démocrate qui pourrait perdre la main sur la mairie. Cette dernière pourrait revenir à un candidat du camp « modéré ». Une lutte qui ressemble à s’y méprendre à celle qui se joue au niveau national au sein du parti démocrate.

Le ou la candidate qui sera élue lors de cette primaire sera le ou la future maire de New York. Une semaine avant la tenue du scrutin, c’est la seule certitude que l’on a dans ce bastion démocrate. Car si treize candidats tentent l’aventure, aucun favori ne se détache. Entre « progressistes » et « modérés », des personnes d’expérience et d’autres qui semblent vouloir se lancer dans une carrière politique, l’éventail est large et représentatif d’une ville cosmopolite et multiculturelle.

Des profils très variés, à l’image de celle ville

Parmi ces candidats, certains noms se détachent tout de même, notamment Eric Adams, un ancien policier noir, président de l’arrondissement de Brooklyn depuis 2014 et qui, même si le sujet de l’insécurité et de la criminalité semble dominer les débats, ne veut pas en faire son cheval de bataille. Autre candidature qui dénote, celle d’Andrew Yang, un entrepreneur d’origine taïwanaise, qui s’était présenté aux primaires pour la présidentielle de 2020. Une candidature qui est au coude à coude avec celle d’Eric Adams dans les sondages, même si ces derniers ne sont pas de bons indicateurs.

Mais si ces enquêtes reflétaient la réalité, une candidate du camp « progressiste » se détache : Maya Wiley, avocate noire spécialiste des droits civiques qui bénéficie du soutien d'Alexandria Ocasio-Cortez, une des figures montantes si ce n’est déjà la porte-drapeau de l'aile gauche du parti démocrate. L’influence d’« AOC », comme on la surnomme, n’est pas négligeable et pourrait permettre à Maya Wiley de devenir la première femme élue maire de « Big Apple ». Ce pourrait être aussi Kathryn Garcia, adoubée par le New York Times, mais qui représente plutôt la continuité de l’ère de Blasio, elle qui a fait toute sa carrière à la mairie de New York.

Impossible de faire un pronostic

Une chose est sûre, face à la multiplication des candidatures, les sondages sont difficiles à lire. Un facteur accentué du fait que l’abstention est traditionnellement forte pour ces primaires démocrates. Par exemple, seuls environ 20% des électeurs démocrates enregistrés avaient voté en 2013 pour désigner le successeur du milliardaire Michael Bloomberg.

Et pour cette année 2020, pour ne rien arranger à ce jeu des pronostics, un nouveau système de vote va être étrenné. Ce dernier permet aux électeurs de classer jusqu'à cinq candidats par ordre de préférence. Un système qui va certainement compliquer le dépouillement : du coup, le vainqueur ne pourrait être connu qu’à la mi-juillet.

Des thèmes de campagne qui divisent

L’autre facteur qui rend compliqué tout pronostic a trait au choix des thèmes de campagne qui divisent plus qu’ils ne rassemblent. Si les New-Yorkais sont en grande majorité conscients des défis qui attendent leur ville après une crise sanitaire qui a coûté très chère aux finances de la ville et provoqué nombre de fermeture de commerces et de licenciements, ils sont également nombreux à souhaiter que l’on s’attaque aux problèmes des inégalités raciales, de la discrimination.

Si l’insécurité est pour certains le thème central de cette campagne, pour d’autres, il n’est pas un sujet de préoccupation, alors que beaucoup prédisent une montée de la violence dans les mois à venir. Des thèmes de campagne qui mettent en avant les divisions qui règnent au sein du parti démocrate entre une aile progressiste qui pensait avoir réalisée le plus dur ces derniers mois en mettant en avant un programme repris en partie par Joe Biden, et une aile « modérée » qui se sent confortée par la présence de l’un de ses membres à la Maison Blanche.

► À lire aussi : New York, épicentre de l’épidémie de coronavirus aux États-Unis

Ce qui est sûr c’est que le ou la future maire de New York aura de nombreux défis à relever. Sauf cataclysme, ce sera le ou la candidate choisie lors de ces primaires démocrates qui aura la lourde tâche de relancer une ville qui était un véritable moteur économique avant l’arrivée du Covid-19. Une mégapole qui peine également à retrouver l’aura dont elle jouissait aussi au niveau international. Les dés sont lancés pour un scrutin qui a déjà débuté avec les votes par anticipation depuis le 12 juin dernier.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail