Quand le chef d'état-major américain se préparait à un coup d'État trumpiste

Le chef d'état-major de l'armée de terre américaine, le général Mark Milley, à la base navale de Norfolk, le 15 juillet 2021, à Norfolk, en Virginie.
Le chef d'état-major de l'armée de terre américaine, le général Mark Milley, à la base navale de Norfolk, le 15 juillet 2021, à Norfolk, en Virginie. AP - Steve Helber

Dans un livre à paraître, deux journalistes du Washington Post, titulaires du prix Pulitzer, révèlent les craintes du haut commandement de l'armée américaine à l'approche de la fin du mandat de Donald Trump.

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Un scénario de République bananière au cœur de la Maison Blanche. Tout se joue dans les dernières semaines chaotiques de la présidence Trump. Le sortant conteste sa défaite et son chef d’état-major Mark Milley craint que lui ou ses partisans ne décident de se maintenir au pouvoir par la force.

Selon le livre des journalistes Carol Leonnig et Philip Rucker, Mark Milley évoque alors en coulisses un « moment Reichstag » à la Maison Blanche en comparant la rhétorique de Donald Trump à celle d'Adolf Hitler. Le risque d’un coup d’État trumpiste lui paraît tout à fait crédible et il décide de s’y opposer, rapporte notre correspondant à San Francisco, Éric de Salves.

« Ils peuvent essayer, mais ils ne risquent pas d’y arriver », aurait alors déclaré le général Milley. « Vous ne pouvez pas faire ça sans l’armée, c’est nous qui avons les armes », dit-il. Mark Milley va jusqu’à réunir d’autres généraux de la Navy et de l’Air Force et leur demande de se tenir prêts.

Autre révélation du livre : Mark Milley a sans doute dissuadé Trump de lancer une série de frappes contre l’Iran. « Si vous faites cela, vous aurez une putain de guerre sur les bras », lui aurait-il dit. Le chef d’état-major américain décrit alors Donald Trump comme un « déséquilibré » et comme « un leader autocratique classique qui n’a plus rien à perdre ».

« Si j'avais voulu faire un coup d'État, le général Mark Milley aurait été une des dernières personnes que j'aurais appelées », a rétorqué Donald Trump dans un communiqué, en expliquant l'avoir nommé à la tête de l'état-major tout simplement car « le général le plus surcoté de la planète, James Mattis, ne le supportait pas ». « J'agis souvent contrairement aux conseils de gens que je ne respecte pas », a justifié l'ex-président, en précisant avoir également perdu tout respect pour le général Milley.

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