Haïti: une conférence citoyenne pour parvenir à un accord national

Des pneus incendiés par des manifestants dans le quartier de Lalue, une semaine après l'assassinat du président Jovenel Moise, à Port-au-Prince, le 14 juillet 2021.
Des pneus incendiés par des manifestants dans le quartier de Lalue, une semaine après l'assassinat du président Jovenel Moise, à Port-au-Prince, le 14 juillet 2021. REUTERS - RICARDO ARDUENGO

Alors que l'enquête sur l'assassinat du président Jovenel Moïse se poursuit, la société civile haïtienne tente de se mobiliser pour trouver un consensus sur une sortie de crise et éviter ainsi une intervention étrangère. L'urgence est de se mettre d'accord sur une transition politique.

Publicité

Syndicats, entrepreneurs, artistes et religieux, plusieurs secteurs de la société civile vont se retrouver autour de la table ce samedi à Port-au-Prince. Des invitations ont aussi été envoyées aux responsables des principaux partis politiques. 

La « Commission pour la recherche d'une solution haïtienne à la crise », qui s'est constituée au mois de mai, dit les avoir déjà tous rencontrés ces dernières semaines et avoir rédigé un pré-accord qui sera proposé en Assemblée.

Le point principal : décider qui doit prendre le pouvoir aujourd'hui en Haïti. Plusieurs options sont encore sur la table, explique Jacques Ted Saint-Dic, le porte-parole de cette Commission : désigner un président ou bien placer un collectif à la tête du pays.

« Nous sommes dans un vide légal et un vide constitutionnel pour le moment. Donc il est difficile d'appliquer une formule constitutionnelle. Ce sera de toute façon un accord politique qui va se dégager », dit-il.

Un accord politique indispensable, explique-t-il, pour rétablir l'ordre en Haïti sans intervention étrangère. « Le pays a des ressources, le pays a des capacités, pour rétablir ce niveau de sécurité avec une coopération, mais pas une intervention militaire en Haïti. »

À lire aussi : Haïti: «L’intervention des casques bleus est une obligation morale»

Cette Commission de la société civile espère faire figurer d'autres revendications de la population haïtienne dans cet accord, notamment la lutte contre l'impunité et la corruption.

Obsèques de Jovenel Moïse le 23 juillet 

On a appris par ailleurs que les funérailles du président haïtien assassiné auront lieu le 23 juillet dans sa ville de Cap-Haïtien. L'annonce a été faite vendredi par le gouvernement neuf jours après l'assassinat du dirigeant à son domicile par un commando armé. Son épouse Martine Moïse, blessée pendant l'attaque et hospitalisée à Miami, devrait rentrer en Haïti pour assister aux funérailles, a précisé le Premier ministre par intérim Claude Joseph lors d'une conférence de presse.

À lire aussi : Haïti: «Organiser des élections maintenant, ce serait de la folie»

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail