La Chine accusée par les États-Unis et leurs alliés de cyberattaques menaçant leur sécurité

Antony Blinken dénonce un comportement «irresponsable, perturbateur et déstabilisant» de la Chine. Il estime que ces activités représentent «une menace majeure pour l'économie et la sécurité».
Antony Blinken dénonce un comportement «irresponsable, perturbateur et déstabilisant» de la Chine. Il estime que ces activités représentent «une menace majeure pour l'économie et la sécurité». REUTERS - POOL

Les États-Unis et leurs principaux alliés - l’Union européenne, le Canada, l’Australie, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande - accusent la Chine d’avoir mené des cyberattaques qui menacent leur sécurité. C’est la première fois qu’un tel groupe de pays condamne dans un même ensemble les activités informatiques malveillantes de Pékin. Dans un communiqué, le département d’État américain précise que les cyberattaques chinoises ont coûté des milliards de dollars aux entreprises et aux gouvernements visés. Washington accuse Pékin d’employer des hackers privés pour mener ses activités criminelles dans le monde entier.

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Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

Le secrétaire d’État américain accuse le ministère chinois de la Sécurité d’avoir favorisé un écosystème de pirates informatiques criminels sous contrat qui mènent des activités commanditées par l’État.

Antony Blinken dénonce un comportement « irresponsable, perturbateur et déstabilisant » de la Chine. Il estime que ces activités représentent « une menace majeure pour l'économie et la sécurité ». Selon les Américains, les pirates chinois utilisent pas moins de cinquante techniques différentes pour mener leurs activités malveillantes et extorquer des rançons.

Aucune sanction annoncée pour le moment contre Pékin

Le gouvernement américain et ses alliés attribuent formellement les attaques massives menées contre les usagers du système Microsoft en mars dernier à Pékin. Elles ont touché trente mille entités publiques et privées et entraîné des milliards de dollars de pertes. Le département de la Justice a d’ailleurs annoncé ce lundi l’inculpation de quatre Chinois, un pirate et trois officiers du ministère de la sécurité de l’État.

► À lire aussi : États-Unis: plusieurs dizaines d'entreprises visées par des cyberattaques

Les Américains et leurs alliés assurent travailler conjointement pour lutter contre les cyberattaques et s’opposer à ce qu’ils appellent l’autoritarisme numérique. Aucune sanction n’a encore été annoncée contre Pékin aux États-Unis, mais elles ne sont pas exclues. « L’enquête n’est pas terminée », a expliqué Joe Biden interrogé ce matin à ce sujet. 

Une des hypothèses est qu'à ce stade, Joe Biden espère encore pouvoir négocier avec Pékin...

Alexis Rapin, chercheur en résidence à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l'Université du Québec à Montréal


♦ Condamnations de l’Otan et de l’UE

Pour l’Union européenne, c’est Josep Borrell qui signe la déclaration commune pour demander des mesures à la Chine contre les actes de « cyber-malveillance » commis depuis son territoire, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet. Pour le chef de la diplomatie européenne et donc pour l’UE dans son ensemble, il s’agit de « comportements irresponsables et préjudiciables » qui ont entraîné des pertes économiques conséquentes et durables et qui posent un risque pour la sécurité du continent.

L’UE pointe du doigt l’attaque de pirates chinois contre les serveurs Microsoft exchange et en-dehors de l’Union, la Norvège reprend d’ailleurs elle aussi à son compte ces accusations pour le piratage de services de son Parlement ; le gouvernement norvégien a été jusqu’à convoquer l’ambassadeur de Chine.

De son côté, l’Otan affirme sa solidarité avec les signataires de la déclaration envoyée à la Chine mais l’Alliance atlantique se contente cependant de condamner plus généralement toutes les cyberattaques dont le but est de « déstabiliser et de dégrader la sécurité euro-atlantique ».

La « cyber-défense » est expressément inscrite au rang des priorités de l’Otan et lors du sommet de juin, la Chine a été qualifiée de défi « systémique » pour l’Alliance atlantique.

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