États-Unis: le vaccin progresse dans les esprits, malgré les réticences

Une affiche appelle les gens à aller se faire soigner à l'intérieur de la station de métro.
Une affiche appelle les gens à aller se faire soigner à l'intérieur de la station de métro. Daniel SLIM AFP/File

La question du vaccin obligatoire se pose de plus en plus aux États-Unis, alors que les cas de Covid-19 sont repartis à la hausse, surtout dans les États où beaucoup sont réticents à se faire vacciner. Mais la cause vaccinale gagne du terrain, même en politique, ou de nombreux réfractaires semblent désormais convaincus.

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Pour la directrice du Centre de lutte contre les maladies infectieuses (CDC), explique notre notre correspondante aux États-Unis, Loubna Anaki, les États-Unis sont à un tournant de leur lutte contre la pandémie. La semaine dernière déjà, le docteur Walensky estimait que cette troisième vague était celle des non-vaccinés.

Face à l’augmentation des cas de Covid-19, de plus en plus d’experts et de responsables en appellent au retour du masque obligatoire, même pour les vaccinés. Certaines villes vont jusqu’à mettre en place des mesures pour imposer le vaccin. Comme à San Francisco où les 35 000 employés municipaux sont appelés à se faire vacciner faute de quoi, ils pourraient perdre leur emploi.

Vaccination obligatoire

À New York également, le maire a une nouvelle fois expliqué, hier, que la vaccination pourrait devenir obligatoire notamment pour dîner en intérieur. Un peu plus tôt dans la semaine, Bill de Blasio avait annoncé que les employés de la ville seraient appelés à se faire vacciner ou devraient se faire tester chaque semaine. Pour lutter contre la propagation du variant Delta.

Des restrictions mises en place alors que 45 États enregistrent une hausse des contaminations, même si elles restent en deçà des niveaux enregistrés il y a encore quelques mois. Certains États où la majorité de la population refuse le vaccin sont plus en difficulté que d’autres.

La question vaccinale prend même une tournure de plus en plus politique. Certaines déclarations d'élus républicains prennent désormais prennent aujourd’hui des allures de rétropédalage. Après des mois de résistance, le sénateur de Louisiane, Steve Scalise, a sauté le pas, alors que les hospitalisations augmentent dans cet État, où seulement 36% de sa population est entièrement vaccinée. « J’encourage les gens à se faire vacciner, a-t-il déclaré. J’ai une grande confiance en lui, je l'ai moi-même reçu. Avec le variant Delta, j'ai eu envie d'avoir cette couche supplémentaire de protection. »

« Prenez le Covid-19 au sérieux »

Dans le sillage du numéro deux des républicains à la Chambre des représentants, 18 autres élus de son parti multiplient ce genre de messages, dans les États conservateurs comme l'Arkansas, la Floride, ou le Missouri, où le virus gagne du terrain.

Mitch McConnell, le chef des Républicains au Sénat appelle désormais à « ignorer toutes ces autres voix qui donnent des conseils manifestement mauvais ». Ces derniers mois, les occasions de discréditer la Maison-Blanche ou les experts de la Santé publique n’ont pas manqué.

Changement de ton également sur Fox News, la chaîne qui entretient la méfiance à l'égard du vaccin et en particulier de son animateur Sean Hannity : « Prenez le Covid-19 au sérieux », a lancé celui qui qualifiait il y a encore peu la pandémie de « canular ».

Dans les médias conservateurs, comme chez les élus républicains, d’autres continuent d’exprimer leur scepticisme, refusant de se faire dicter leur décision par le gouvernement ou mettant en avant des effets indésirables des vaccins.

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