En Argentine, les cyberarnaques liées au vaccin anti-Covid explosent

La campagne de vaccination contre le Covid-19 est lancée en Argentine: une femme reçoit le vaccin Sputnik V le 19 février 2020 à Buenos Aires.
La campagne de vaccination contre le Covid-19 est lancée en Argentine: une femme reçoit le vaccin Sputnik V le 19 février 2020 à Buenos Aires. REUTERS - AGUSTIN MARCARIAN

Les arnaques virtuelles ont explosé en Argentine depuis le début de la pandémie. Entre 2019 et 2020, elles ont augmenté de plus de 3 000% selon les autorités. Elles sont notamment liées à la campagne de vaccination. 

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Avec notre correspondant à Buenos Aires,

La pandémie semble malheureusement être une source d’inspiration pour les cyberdélinquants. Premièrement, ce sont les escroqueries liées à l’augmentation du commerce en ligne ou celles associées à l’annulation des billets d’avion à cause de la pandémie qui ont augmenté. Dorénavant, les arnaqueurs profitent de la campagne de vaccination. Ces arnaques sont devenues « courantes » en Argentine ces dernières semaines, alerte l’unité du parquet national spécialisée dans la cyberdélinquance.

Comment procèdent les arnaqueurs ? Un hacker appelle une personne en se faisant passer pour un fonctionnaire du ministère de la Santé afin de proposer de prendre rendez-vous pour recevoir la deuxième dose de vaccin contre le Covid-19. Le cyberdélinquant prévient ensuite sa victime qu’elle va recevoir un code par SMS, et qu’elle doit lui transmettre pour poursuivre l’inscription.

Sauf qu’en réalité, le code permet d’activer le compte WhatsApp de la victime sur un autre appareil aux mains du hacker. Ce dernier peut alors prendre le contrôle sur ce compte de messagerie instantanée, c’est ce que l’on appelle le phishing, ou l’hameçonnage.

Soutirer de l’argent aux proches de la victime

Une fois qu’ils ont la mainmise sur ce compte, ils ont accès à tout le carnet d’adresse de leurs victimes, mais surtout ils peuvent usurper leur identité. Des Argentins qui sont tombés dans ce piège racontent que les cyberdélinquants ont ainsi contacté leurs amis et les membres de leur famille afin de leur soutirer de l’argent en prétextant une situation d’urgence.

C’est ce qui est arrivé à une députée de la province de Rio Negro, dans le centre de l'Argentine. Grâce à cette technique, les hackers ont réussi à récolter 100 000 pesos (environ 1 000 euros) auprès de ses contacts. Il est possible de récupérer son compte en contactant le support technique de WhatsApp, mais souvent le temps que le problème soit réglé, le mal est déjà fait.

Protéger ses informations personnelles

Pour identifier leur cible, soit les personnes en attente d’une seconde dose de vaccin, les hackers profitent de pratiques que la pandémie a fait surgir. Depuis le début de la campagne de vaccination, de nombreux Argentins n’hésitent pas à exhiber fièrement leur carnet de vaccination sur les réseaux sociaux après s’être fait inoculer le vaccin.

Ces photos en libre accès sont une mine d’informations pour les personnes mal intentionnées. On peut y trouver le nom, le prénom, la date de naissance de la personne, la date de l’injection de la première dose ou encore la marque du vaccin utilisée… Autant de données que les hackers vont utiliser quand ils contactent leurs victimes pour gagner leur confiance.

Les autorités argentines rappellent donc que les informations liées aux vaccins sont confidentielles et recommandent de ne pas partager ce genre de photo sur les réseaux sociaux ou au moins de prendre le temps de caviarder les informations personnelles.

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