Revue de presse des Amériques

À la Une: Pedro Castillo prête serment

Le président élu du Pérou Pedro Castillo, le jour de son investiture, le 28 juillet 2021
Le président élu du Pérou Pedro Castillo, le jour de son investiture, le 28 juillet 2021 AP - Guadalupe Pardo

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Les cérémonies pour l’investiture de Pedro Castillo débutent ce mercredi 28 juillet, jour qui marque cette année les 200 ans de l’indépendance du pays et se poursuivront jeudi à Ayacucho. La prestation de serment de Pedro Castillo se fera dans l’hémicycle du Congrès péruvien, détaille La Republica. Une fois ce passage de témoin effectué, le nouveau président prononcera un discours, son premier en tant que chef d’État. Discours au cours duquel Pedro Castillo, qui s’adressera à la fois aux élus et à ses concitoyens, exposera ses objectifs, notamment les plus urgents. Il devrait donc parler de la lutte contre la pandémie et de la mise en place de son programme qui consiste à accélérer la vaccination, augmenter les capacités des services de réanimation et distribuer gratuitement de l’oxygène pour les malades qui en ont besoin. La politique économique, ainsi que la mise en place d’une Assemblée constituante devraient également être abordés.

Cette cérémonie prévue à Lima fait l’objet de nombreuses mesures de sécurité. Dix mille policiers, des drones, ainsi que des hélicoptères seront notamment mobilisés dans la capitale pour garantir la sécurité, détaille El Universo, quotidien équatorien. Deux mille policiers supplémentaires seront quant à eux affectés à la protection des personnalités qui assisteront à ces cérémonies d’investiture. Il faut dire que parmi les personnes attendues figurent notamment le roi d’Espagne, que Pedro Castillo a rencontré ce mardi, ainsi que de nombreux dirigeants ou anciens dirigeants régionaux. Des mesures de sécurité importantes dans un pays, il faut le rappeler, très polarisées.

Aux États-Unis : des témoignages édifiants sur les violences du 6 janvier

Ce mardi, débutaient les travaux de la Commission de la Chambre des représentants pour enquêter sur les événements au Capitole du 6 janvier dernier. Une première journée marquée par les témoignages poignants de quatre policiers qui ont tenté de faire face aux partisans de Donald Trump. Le New York Times revient sur le contenu de ces déclarations. Des témoignages agrémentés de montages vidéo, ​​y compris des images des caméras corporelles des policiers qui démontrent la brutalité des faits. Un par un, ces quatre officiers ont parlé de cette violence brutale, du racisme et de l'hostilité d’une foule d'émeutiers en colère, agissant au nom du président Donald Trump. 

Des partisans qui les ont battus, écrasés et choqués, comme le détaille Michael Fanone, officier de police qui raconte cette journée cauchemardesque et ses conséquences : « J’ai été frappé alors que j’étais inconscient pendant quatre minutes. À l’hôpital, les médecins m’ont dit que j’avais fait une crise cardiaque. On m’a ensuite diagnostiqué une commotion cérébrale, un traumatisme crânien et des troubles de stress post-traumatique. Alors que mes blessures physiques étaient en train de se résorber et que l’adrénaline a commencé à baisser après des semaines, on m’a laissé avec des traumatismes psychologiques et une anxiété liée au fait d’avoir survécu après des événements aussi horribles. Ce qui rend les choses encore plus difficiles et plus douloureuses, c’est de savoir que tant de mes concitoyens, y compris des personnes pour lesquelles j'ai risqué ma vie, minimisent ou nient carrément ce qui s'est passé. J'ai l'impression d'avoir vécu un enfer pour les protéger, eux et les personnes présentes dans cette salle. Mais trop de gens me disent maintenant que l'enfer n'existe pas. Ou que l'enfer n'était pas si terrible que ça. L'indifférence montrée envers mes collègues est honteuse ».

Michael Fanone en veut aux élus républicains pour cette indifférence à leur égard. Des élus qui n’étaient même pas présents hier pour écouter ses témoignages, comme le détaille le New York Times qui ne s’en étonne pas puisque le parti républicain a tout fait pour empêcher la mise en place d’une telle commission, rappelle le quotidien.

Les élus républicains qui se sont montrés les plus critiques quant à cette enquête ont justifié leur absence détaille le Washington Post. Le chef de la minorité républicaine à la Chambre, Kevin McCarthy, avait par exemple des rendez-vous de prévus, Jim Jordan avait une séance avec une autre commission et quant à la présidente de la conférence républicaine Elise Stefanik, elle a tout simplement refusé de dire si elle avait suivi les débats. Un désintérêt méprisant qui s’ajoute aux accusations de certains responsables du parti conservateur qui estime Nancy Pelosi responsable des violences du 6 janvier.

Selon eux, la chef de la majorité démocrate à la Chambre n’aurait pas mis en place des mesures de sécurité suffisamment draconiennes pour éviter de tels débordements. Et justement, Liz Cheney, l’une des deux membres du parti républicain, également membre de cette commission d’enquête, a lancé un avertissement : le Congrès doit faire toute la lumière sur cette affaire pour éviter que de tels faits ne se reproduisent. « Si les responsables ne sont pas tenus de rendre des comptes et si le Congrès n'agit pas de manière responsable, cela restera un cancer pour notre république constitutionnelle, en sapant le transfert pacifique du pouvoir au cœur de notre système démocratique. Nous serons confrontés à la menace de plus de violence dans les mois à venir et à un autre 6 janvier tous les quatre ans.

Cette première journée de travail, selon le New York Times, a tout simplement permis de rétablir la vérité sur des faits qui ont été manipulés par certains élus républicains. Une première journée qui a permis de voir le gouffre entre la réalité présentée par les policiers et les mythes colportés « par des partisans de l'ancien président Donald Trump qui refusent d'admettre ce qui s'est passé. »

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