Revue de presse des Amériques

À la Une: MSF contraint de quitter définitivement le quartier de Martissant à Port-au-Prince

Des véhicules de MSF à l'hôpital de Martissant le 31 mai 2021.
Des véhicules de MSF à l'hôpital de Martissant le 31 mai 2021. Valerie Baeriswyl AFP

Publicité

Dans un communiqué de presse, publié ce lundi matin, Médecins sans frontières annonce d’avoir quitté définitivement le quartier de Martissan, en proie depuis plusieurs semaines aux affrontements entre gangs armés rivaux. « Incapable d’avoir une garantie de sécurité pour son staff et ses patients et voulant attirer l’attention sur la situation insoutenable à Martissant, (…) l’organisation médicale humanitaire se voit obligée de mettre les clés sous la porte », peut-on y lire.

Dans une interview, accordée ce lundi à RFI, la chef de mission de MSF en Haïti, Alexandra Giudiceandrea, rappelle que depuis début juin, « des centaines, voire des milliers d’habitants du quartier (de Martissant, ndlr.) ont dû fuir les combats entre gangs armés. MSF a dû suspendre ses activités à Martissant fin juin. On comptait y retourner afin de continuer à fournir nos services de soins à la population. Mais malheureusement ce n’est toujours pas possible ».

En 15 ans d’activité, le centre d’urgence de MSF à Martissant était devenu un pilier incontournable pour l’accès au soin de la population. Rien que l’an dernier, MSF y avait admis 33 100 personnes aux urgences. Alexandra Giudiceandrea explique qu’une grande partie de l’équipement du centre d’urgence de MSF à Martissant a pu être récupéré. En revanche, l’ONG n’a « pas eu le temps d’enlever ni son logo ni les autres signes et inscriptions d’identification de son centre de soin ».

« Nous avons publié justement le communiqué pour prévenir la population, alerte Alexandra Giudiceandrea. Aucun personnel de MSF n’est présent dans la structure. Nous ne pouvons pas garantir ce qui se passe à l’intérieur ». La chef de mission de MSF en Haïti assure néanmoins que l’organisation est en négociations avec le ministère haïtien de la Santé, afin de pouvoir rouvrir son centre d’urgence dans un autre lieu « plus sécurisé, où nous serions moins exposés » de Port-au-Prince tout en sachant que « le risque zéro n’existe pas. Mais nous voulons rester au service de la population haïtienne ».

Un ancien commissaire du gouvernement haïtien décédé ce samedi en République Dominicaine

« Maître Claudy Gassant a été retrouvé mort dans sa résidence à Arroyo Hondo, une zone de Santo Domingo, où il vivait depuis un certain temps », rapporte Le Nouvelliste. Selon son épouse, il aurait été atteint du Covid-19. Affaibli, il se serait suicidé. Un décès « qualifié de suspect », fait remarquer le Miami Herald. Le journal américain souligne que Claudy Gassant avait annoncé sa participation, ce même samedi en Floride, « à une conférence sur l'insécurité croissante en Haïti ».

Claudy Gassant était un homme de loi de renom en Haïti. Il s'est d'abord fait connaître en tant que juge d'instruction en charge de l'enquête sur l'assassinat du célèbre journaliste haïtien Jean Léopold Dominique, le 3 avril 2000. Un travail qui avait valu à Claudy Gassant des menaces de mort, rappelle encore le Miami Herald. « Après avoir passé plusieurs années dans le sud de la Floride, Claudy Gassant était retourné en Haïti où l'ex-président René Préval l'avait nommé au poste du procureur et chargé de lutter contre la corruption. Ces dernières années, le juriste avait été à la tête de l'unité anti-corruption sous Jovenel Moïse. L'ancien président, assassiné le 7 juillet, avait nommé Claudy Gassant le 29 novembre 2019 pour le limoger 50 jours plus tard. Claudy Gassant avait alors appris son licenciement sur les réseaux sociaux avec la nomination de son remplaçant, Rockefeller Vincent, qui est aujourd'hui l'actuel ministre de la Justice d'Haïti ». Et le Miami Herald de conclure : « Cette même unité anti-corruption employait aussi Joseph Felix Badio. Il est aujourd'hui recherché par la police haïtienne pour être interrogé dans l'enquête sur le meurtre du président Moïse ».

En République Dominicaine, la police a ouvert une enquête après la mort de Claudy Gassant. Quatre personnes ont été arrêtées. Parmi elles, l'épouse de l'ex-procureur haïtien et un gardien de la maison du couple, rapporte Diario Libre. « Nous n'écartons aucune hypothèse », a fait savoir la porte-parole de la police qui dit attendre les résultats de l'autopsie.

Flop pour le référendum au Mexique

Flop pour le référendum convoqué dimanche au Mexique par le président Andres Manuel Lopez Obrador sur la question de savoir s'il faut enquêter et poursuivre en justice ses prédécesseurs pour corruption présumée. Moins de 8% des quelques 94 millions d'électeurs mexicains ont participé à ce référendum. Or, il aurait fallu au moins 40% de participation pour que le scrutin se traduise en loi. « Le référendum a échoué », titre le journal Reforma. « Et ce malgré l'immense appareil de communication déployé par le gouvernement d'AMLO », renchérit le quotidien Millenio: « des centaines de sondages, une campagne massive en faveur du référendum sur les chaînes de télévision et de radio, dans la presse écrite, sur les panneaux de publicité à travers tout le pays. En tout, le scrutin aura coûté 522 millions de pesos mexicains aux contribuables. Tout cela pour rien. Les Mexicains sont restés chez eux ».

Le président Lopez Obrador avait soutenu que cette consultation renforcerait la démocratie participative au Mexique. Mais ses détracteurs n'y ont vu qu'un coup politique. Avant tout parce qu'au Mexique, les anciens présidents peuvent être jugés comme n'importe quel autre citoyen. Beaucoup estimaient alors que ce référendum était inutile. Et d'ailleurs, le chef de l'État lui-même n'a, au final, pas participé au scrutin, fustige El Universal. Mais le journal conservateur finit quand-même sur une note positive : « ce référendum, le premier du genre dans l'histoire du Mexique, nous a montré que notre pays possède des institutions solides, capables de consulter les citoyens sur des questions d'importance. Faut-il espérer que la prochaine fois la question posée aux électeurs soit moins démagogique que celle de ce dimanche ».

Maison Blanche veut convaincre les adolescents américains à se faire vacciner

Pour les 12 à 17 ans, près de six jeunes sur dix n'ont même pas encore reçu une première dose de vaccin. « Pour atteindre ces jeunes, la Maison Blanche a constitué une véritable armée pour le moins éclectique », estime le New York Times: « plus de 50 influenceurs Twitch, YouTubers, TikTokers et la pop star de 18 ans Olivia Rodrigo. Tous ont un immense public sur la toile. L'administration Biden veut s'appuyer sur eux pour promouvoir la vaccination auprès des adolescents  ». Différents États américains ont d'ailleurs lancé des campagnes similaires. Ces gouvernements font appel aux « micro-influenceurs locaux », ceux qui comptent 5 à 10 000 abonnés. Et ils sont payés jusqu'à mille dollars par mois pour promouvoir les vaccins anti-Covid auprès de leurs fans.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail